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Angela Merkel quitte la tête de la CDU: ces trois successeurs potentiels sont-ils Macron-compatibles?

Angela Merkel quitte la tête de la CDU: ces trois successeurs potentiels sont-ils Macron-compatibles?

ALLEMAGNE – C’est la fin d’un règne. Après 18 ans passés à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel cède sa place à un(e) successeur(e) ce vendredi 7 décembre, lors d’un congrès du parti à Hambourg. En pleines négociations pour finaliser l’accord définitif du Brexit, et face aux États-Unis de Donald Trump, ce changement de main constitue un moment décisif pour le couple franco-allemand.

Après deux élections régionales très décevantes et plusieurs crises politiques, Angela Merkel, que l’opinion surnommait affectueusement « Mutti » (Maman) au temps de sa gloire, a été contrainte d’annoncer en octobre qu’elle quitterait la présidence de la CDU, et qu’elle ne se représenterait pas à la chancellerie. Son ultime mandat devrait donc s’achever en 2021, soit un an tout juste avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Angela Merkel entame donc sa sortie de scène avec la désignation du nouveau président de la CDU. Car « qui remporte la présidence du plus grand parti d’Allemagne deviendra aussi à terme chancelier ou chancelière », explique à l’AFP Eckhard Jesse, politologue à l’Université de Chemnitz.

Trois candidatures ont officiellement été déposées: Annegret Kramp-Karrenbauer (surnommée AKK), Friedrich Merz et Jens Spahn, actuel ministre de la Santé et jugé hors course. Quelques heures avant le scrutin, les jeux étaient encore loin d’être faits entre les deux favoris.

Le résultat de cet affrontement (qui repose uniquement sur le vote des 1001 délégués du parti, et non sur ses adhérents) sera sans doute attentivement scruté par l’Élysée. Car des opinions des candidats dépend l’avenir du couple franco-allemand, qu’Emmanuel Macron met au coeur de sa stratégie européenne et de sa critique des populismes.

  • Annegret Kramp-Karrenbauer

Fabian Bimmer / Reuters

Désignée en février par la chancelière elle-même comme secrétaire générale de la CDU, AKK est celle dont la ligne est la plus proche d’Angela Merkel. Et donc, sans surprise, les divergences avec Emmanuel Macron sont rares.

Leurs positions sur l’Europe se font écho. Dans une interview accordée à T-Online le 11 novembre, la plus au centre des trois candidats décrivait ainsi une « Allemagne et une Europe de 2030 qui ne soient pas recroquevillées, qui n’aient pas laissé de côté les grands changements de la planète », et défendent le multilatéralisme en opposition à la politique actuellement menée par les États-Unis.

Dans le détail, elle s’est déclarée favorable à la proposition d’armée européenne d’Emmanuel Macron, allant même jusqu’à évoquer l’idée d’un service national européen, qui n’est pas sans rappeler le service militaire national obligatoire voulu en France. Sur la question migratoire, AKK prône une politique européenne plus ferme vis-à-vis des réfugiés condamnés pour des crimes commis dans l’espace Schengen.

Fabian Bimmer / Reuters

Lui a une revanche personnelle à prendre sur Angela Merkel, depuis que la chancelière l’a écarté de son poste de chef des députés de la CDU au Parlement. En revanche vis-à-vis d’Emmanuel Macron, tout va pour le mieux.

Friedrich Merz voit en effet l’Allemagne comme un moteur essentiel de l’Europe, un discours qui rappelle plus ou moins celui du président de la République française vis-à-vis du couple franco-allemand. « L’Allemagne doit être prête à contribuer de manière disproportionnée pour l’Europe », a-t-il affirmé, présentant son pays comme le « conducteur » qui « amène l’Europe plus loin en matière de croissance et de prospérité ».

Dépassant toutes les espérances françaises, il a même jugé que l’Allemagne avait répondu de manière insuffisante aux propositions de réformes européennes portées par Emmanuel Macron. « Qu’est-ce que nous attendons en France? Pensons-nous vraiment qu’il y aura un meilleur président français? », a-t-il ainsi déclaré lors d’un meeting le 10 novembre.

Au-delà de ses convictions européennes, Friedrich Merz, qui s’est reconverti et a fait fortune dans la finance après 2009, devrait aussi trouver un terrain d’entente plus personnel avec Emmanuel Macron, qui a fait ses classes au sein de la banque Rothschild. De quoi laisser présager des avancées plus conséquentes sur les réformes financières et économiques prévues par l’accord de Meseberg de juin.

Fabian Bimmer / Reuters

Dans la course à la présidence de la CDU, il fait figure d’outsider. Et pour Emmanuel Macron, c’est peut-être mieux.

D’un point de vue européen pourtant, les deux hommes pourraient trouver des terrains d’entente. Comme le président français, Jens Spahn souhaite lui aussi renforcer le rôle des institutions européennes, quitte à renoncer à la souveraineté nationale dans certains domaines. « Je veux une Union européenne avec des institutions fortes, avec des règles contraignantes et aussi l’abandon de la souveraineté nationale dans les domaines où nous sommes plus forts ensemble -mais comme un réseau d’États-nations souverains », a-t-il déclaré dans une interview début novembre au journal Welt.

Toutefois, ses prises de position sur le plan des relations diplomatiques pourraient légèrement faire tiquer l’Élysée. Jens Spahn affiche sa proximité idéologique et générationnelle avec le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui gouverne avec l’extrême droite.

À l’inverse d’Angela Merkel qui ne cache pas son ressenti face à Donald Trump et Vladimir Poutine, et d’Emmanuel Macron, qui n’hésite pas à prendre le contre-pied des Américains, Jens Spahn défend un réchauffement des relations avec les États-Unis et la Russie. Début octobre, le ministre de la santé allemand a même été reçu à la Maison Blanche par le conseiller à la sécurité du président américain, une rencontre rarissime qui a fait grincer des dents en Allemagne.





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