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Cancer du poumon : des spécialistes réclament la généralisation du dépistage par scanner

Cancer du poumon : des spécialistes réclament la généralisation du dépistage par scanner

« Faire campagne contre les morts sur la route, c’est bien. Mais en faisant passer un simple scanner aux gros fumeurs, on pourrait sauver 7 500 vies chaque année », affirme Charles-Hugo Marquette, chef du service de pneumologie au CHU de Nice interrogé par Le Journal du Dimanche (JDD). Dans un article publié ce 18 novembre, le médecin interpelle avec une trentaine de pneumologues, cancérologues ou radiologues, les autorités pour réclamer « la prise en charge immédiate d’un dépistage par scanner thoracique » à partir de 50 ou 55 ans, chez les gros fumeurs ou ex gros-fumeurs. En France, le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer.

L’objectif en s’exprimant au journal hebdomadaire est également de prendre l’opinion à témoin, explique dans ses pages le professeur Gérard Zalcman, oncologue à l’hôpital Bichat (AP-HP) de Paris : « Il y a urgence à sensibiliser, plaide-t-il. Le dépistage est remboursé par les assurances aux États-Unis. Partout en Europe, de nombreuses expérimentations sont organisées et financées. Chez nous, on sent une certaine frilosité, il y en a très peu ».

Le risque de mortalité diminué de 25 %

Pourtant, des recherches présentées en septembre à Toronto ont montré que le dépistage par scanner thoracique au sein d’une population de gros fumeurs diminuait de 25 % la mortalité par cancer du poumon chez les hommes et de 40 à 60 % chez les femmes – qui sont par ailleurs de plus en plus nombreuses à fumer. Sur plus de 30 000 malades qui décèdent chaque année en France de la pathologie, cela permettrait ainsi de sauver 7 500 vies. Baptisée « Nelson », cette étude de grande échelle a été réalisée sur plus de 10 000 personnes. Les résultats détaillés n’ont pas encore été publiés, mais ils mettent d’ores et déjà à jour ceux d’un rapport américain de 2011 qui estimait cette baisse de la mortalité à 20 %.

En 2016, la Haute Autorité de santé (HAS) avait refusé ce dépistage, dénonçant les dangers des rayons et un risque trop important de faux-diagnostic. Mais pour les spécialistes, les résultats de ces nouvelles recherches devraient convaincre les experts : « Le nombre de faux diagnostics est réduit de deux tiers. En outre, ces excellents résultats ont été obtenus dans des systèmes de santé comparables au nôtre (en Belgique et aux Pays-Bas, ndlr) », argumente Gérard Zalcman.

Le JDD a également interrogé Fréderic de Bels, responsable à l’Institut du cancer (Inca). Selon lui, si ces nouveaux résultats vont être étudiés en détails pour qu’un programme de dépistage soit réévalué par la HAS, les conclusions ne devraient pas être rendues avant 2020.

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