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De quoi sont faites les phobies

De quoi sont faites les phobies

«Une phobie peut apparaître sans raison et d’un seul coup»

Faux. Une phobie peut être déclenchée par un événement ou s’installer progressivement, mais n’apparaît pas sans raison. Elle est le résultat de plusieurs facteurs. Les causes ne sont souvent pas faciles à déceler.

«Une phobie est forcément liée à un traumatisme»

Vrai et faux. Un traumatisme peut donner un sens à cette peur irraisonnée, mais ne suffit pas à l’expliquer. Il est aussi question de vulnérabilité de l’individu, d’une prédisposition à développer ce trouble anxieux.

«Il existe différents types de phobies»

Vrai. On peut les classer selon deux catégories. Il y a les phobies «simples», ciblées sur un objet ou une situation précise. Elles surviennent tôt dans la vie et sont en général plus faciles à traiter. Les phobies dites «complexes», d’apparition plus tardive, sont quant à elles plus invalidantes. Il s’agit par exemple de la phobie sociale ou de l’agoraphobie, qui perturbent davantage le quotidien et entraînent de ce fait plus de souffrance.

«Tout le monde souffre de phobies»

Faux. Les statistiques indiquent que ce trouble concerne jusqu’à 10% de la population. Les femmes sont deux fois plus susceptibles de développer une phobie. Bien sûr, nous ressentons tous de la peur, qui a une fonction de protection. Mais dans le cas d’une phobie, la peur n’est plus adaptatrice, elle est disproportionnée et amplifie la perception de danger. Elle s’accompagne alors également de comportements d’évitement.

«La phobie peut être héréditaire et comporte des facteurs biologiques»

Peut-être. Il existe des causes génétiques, biologiques, et donc héréditaires des phobies. Mais cela ne suffit pas à expliquer leur survenue. Des facteurs environnementaux, tels que des traumatismes vécus, l’éducation et le modèle parental, doivent être considérés.

«Une phobie se manifeste par des symptômes physiques et peut entraîner des complications»

Vrai. Parmi les symptômes physiques caractéristiques, il y a: une accélération du rythme cardiaque, une respiration saccadée, une sudation anormale et, dans certains cas, une attaque de panique lorsque l’anxiété est à son paroxysme. Les possibles complications, quant à elles, sont psychologiques et fonctionnelles. Les phobies peuvent créer une souffrance quotidienne qui peut elle-même entraîner une dépression ou favoriser le recours à des substances (alcool, drogues, anxiolytiques) afin de calmer l’anxiété. La qualité de vie se montre en tous les cas péjorée par le trouble.

«Une phobie peut disparaître d’elle-même»

Faux. Les peurs infantiles disparaissent généralement avec l’âge et ne sont donc pas considérées comme des phobies. S’agissant de phobies, certaines circonstances de vie, telles qu’une rencontre amoureuse, peuvent adoucir pour un temps la pathologie. Parfois, la personne rencontrée devient «objet contraphobique», assumant une fonction réassurante. Le trouble n’a pas pour autant disparu et un traitement reste nécessaire.

«On peut soigner une phobie de manière définitive»

Vrai. Une phobie est d’autant plus facile à soigner qu’elle est traitée au plus tôt. L’information délivrée au patient sur son trouble –psychoéducation– joue un rôle crucial pour une meilleure compréhension de sa maladie. En ce qui concerne les traitements à proprement parler, la thérapie cognitive et comportementale donne de très bons résultats. Il s’agit d’amener le patient à affronter progressivement sa peur et à rationaliser ses croyances qui entraînent une surestimation du danger et une sous-estimation de ses ressources. Cette restructuration cognitive, combinée à des expositions progressives à la situation appréhendée, avec parfois l’acquisition de techniques de relaxation ou de contrôle respiratoire, permettent de soigner la pathologie. La prescription de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, par exemple) est parfois indiquée si la personne est déprimée ou trop angoissée pour se confronter aux expositions. L’hypnose, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) ou la pratique de pleine conscience sont aussi à considérer. Dans tous les cas, une fois les symptômes atténués ou disparus, un travail sur la prévention de la rechute est recommandé.

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Paru dans Planète Santé magazine N° 28 – Décembre 2017





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