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Face aux gilets jaunes, le gouvernement lâche du lest sur le péage urbain et la vignette poids lourds

Face aux gilets jaunes, le gouvernement lâche du lest sur le péage urbain et la vignette poids lourds

POLITIQUE – Le hasard fait parfois bien les choses. En pleine grogne des gilets jaunes, la ministre des Transports Elisabeth Borne présente ce lundi 26 novembre son projet de Loi d’orientation des mobilités (LOM) qui vise à améliorer les déplacements et les rendre moins polluants. Tout un programme, qui entre évidemment en résonance avec le mouvement social contre les taxes sur le carburant et l’injustice fiscale qui secoue le pays depuis une semaine.

Dans ce contexte particulier, Le Monde a annoncé ce dimanche 25 en début de soirée que le péage urbain, initialement prévu dans la LOM, n’y figurait plus, « en raison du faible nombre de collectivités à avoir manifesté leur intérêt à utiliser cet outil ». Quant à la vignette poids lourds, elle est ajournée, comme le rapporte le quotidien du soir qui a pu consulter le texte et évoque un « rétropédalage » du gouvernement.

Initialement annoncée pour le printemps, la LOM a été plusieurs fois retardée, notamment à cause de la réforme ferroviaire. Dans le contexte de la mobilisation des gilets jaunes, elle prévoit en outre plusieurs mesures en faveur des territoires pour répondre à une population qui se sent « abandonnée. » « La transition écologique ne doit pas pénaliser les Français les plus modestes », explique au JDD (lien payant) la ministre qui promet d’apporter des « réponses concrètes partout. »

Un plan qui sera, sans doute, scruté avec attention par les gilets jaunes et les élus locaux qui ne cessent de dénoncer l’abandon des territoires. C’est d’ailleurs en région, et relativement loin des grandes villes que le mouvement des gilets jaunes puise sa force. Les mobilisations successives montrent en effet que la mobilisation est plus forte dans les territoires qu’à Marseille, Lyon où Paris, là où l’acte II du mouvement a été marqué par une mobilisation limitée ce samedi 24 novembre.

Trois jours avant les premiers rassemblements des gilets jaunes, Elisabeth Borne dressait d’ailleurs un constat criant. « Le manque de solutions de mobilité est aujourd’hui vécu comme une source d’inégalités, d’injustice et de fractures entre les citoyens et entre les territoires », expliquait-elle le 14 novembre, en présentant son texte au Conseil économique, social et environnemental. Une analyse reprise depuis par les membres du gouvernement qui disent « entendre » la colère des gilets jaunes sans qu’aucune mesure d’ampleur n’ait pourtant été annoncée pour le moment.

Pour Elisabeth Borne, il faut donc « accompagner nos concitoyens qui sont encore dépendants de la voiture individuelle, tributaires de son coût », et donc « accompagner les élus et les territoires pour leur permettre d’offrir des solutions alternatives à l’usage individuel de la voiture. » Et ce, pour « sortir progressivement des énergies fossiles. »

Alors pour répondre à ces objectifs Elisabeth Borne entend mettre « le paquet sur les territoires. » Première mesure dévoilée dans les colonnes du Journal du Dimanche: « 50% de moyens en plus pour remettre en état le réseau » ferroviaire et un investissement « à hauteur de 2,6 milliards pour augmenter l’offre de train quotidien là où il y en a le plus besoin ».

Elle entend également « simplifier la vie » des communes et des régions en revoyant le cadre juridique contraignant qui organise les transports. Et la ministre de rappeler également le « plan de désenclavement » du réseau routier à hauteur de 1 milliard d’euros sur dix ans. Au total, la ministre promet d’investir « 40% de plus dans les transports » dans les territoires sur tout le quinquennat.

Pas question, cependant de revenir sur le cap écologique affiché par le gouvernement. Son plan sert notamment à « sortir du tout TGV » qui a conduit les citoyens au « tout-voiture », beaucoup plus polluant.

Ainsi la ministre ne souhaite pas que le gouvernement revienne sur la taxe carbone, ni qu’il organise un moratoire sur les prochaines hausses. « Nous sommes engagés dans une trajectoire nécessaire, donc nous n’allons pas la remettre en question », a-t-elle estimé. Dans les colonnes du JDD, Elisabeth Borne confirme par exemple l’objectif du gouvernement d’interdire la vente de voitures à essence et au diesel d’ici à 2040. « Cette loi donnera les outils pour y parvenir, à la fois en soutenant les alternatives à la voiture et en encourageant les véhicules propres avec la prime à la conversion », promet-elle.

Soucieuse de ne pas mettre les chauffeurs routiers dans la rue avec les gilets jaunes, Elisabeth Borne indique par ailleurs que le sort de la vignette poids lourds n’est pas encore fixé. « C’est un sujet sensible », admet-elle, en prenant l’exemple de l’écotaxe. Un dispositif supprimé sous le précédant quinquennat à cause de la grogne des bonnets rouges. « Initialement, la création de cette vignette devait pourtant être annoncée avant le conseil des ministres consacré à la LOM pour une mise en place en 2020 », note Le Monde.

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