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Face aux gilets jaunes, Macron va répondre écologie

Face aux gilets jaunes, Macron va répondre écologie

POLITIQUE – Après deux semaines de mobilisation contre la taxe sur les carburants, le président de la République va enfin prendre la parole. Ce mardi 27 novembre, Emmanuel Macron doit annoncer des mesures « à court et à long terme » pour répondre aux « colères » exprimées par les gilets jaunes sans pour autant changer de cap politique.

Jusqu’ici, le chef de l’État s’est tenu à bonne distance de ce mouvement social spontané né sur les réseaux sociaux et qui bouscule complètement l’agenda de la majorité présidentielle. Laissant dans un premier temps Édouard Philippe monter en première ligne avec une batterie de mesures compensatoires, Emmanuel Macron a fixé la ligne: pas de « renoncement », ni « d’aveuglement ».

Une ligne directrice d’autant plus difficile à tenir que le soutien populaire en faveur du mouvement contre la hausse des prix du carburant, devenu rapidement l’expression d’un « ras-le-bol » généralisé d’une partie de la France qui s’estime abandonnée par l’État, ne faiblit pas. Mais les dégradations du week-end dernier à Paris, auxquelles s’ajoutent les craintes sur « l’impact sévère » du mouvement social sur l’économie, ont convaincu l’Elysée qu’il fallait une réaction à la hauteur des événements.

Nouveau « pacte social »

Prenant acte des « colères et inquiétudes » d’une partie de la France qui, selon lui, « n’a pas trouvé sa place dans l’Union européenne, qui n’a pas non plus trouvé sa place dans la mondialisation », le président de la République entend donc offrir « une réponse globale » qui « passera par une nouvelle méthode, mais pas par un changement de cap », a annoncé ce lundi 26 novembre le porte-parole du gouvernement. A priori donc, pas de grand geste financier ou de moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant qui a mis le feu aux poudres.

Preuve que le chef de l’État n’entend pas non plus revoir à la baisse ses ambitions dans la lutte contre le réchauffement climatique, sa prise de parole interviendra à l’occasion de l’installation du Haut Conseil pour le climat, nouvelle institution composée d’écologistes de renom, comme l’ancien ministre Pascal Canfin, censée veiller à la bonne application de l’accord de Paris sur le climat.

C’est dans ce cadre que le président de la République dévoilera aussi ses arbitrages très attendus sur la stratégie énergétique française à long terme. Avec notamment le nombre de centrales nucléaires que le gouvernement entend fermer.

Pour accompagner cette transformation de l’économie, l’exécutif semble finalement vouloir aller dans le sens de la CFDT et s’appuyer sur les corps intermédiaires pour sortir de la crise, l’Élysée allant jusqu’à reprendre le terme de « pacte social » cher à Laurent Berger.

S’il y a encore « beaucoup d’inconnues » sur ce pacte qui doit être présenté mardi par le président de la République, le patron du syndicat propose quelques pistes. Parmi elles, la mise en place de nouvelles aides pour les transports domicile-travail, comme la prise en charge des déplacements à 50% par l’employeur hors Île-de-France ou le développement de billets permettant d’utiliser train, autobus et tram dans une même ville.

Lundi matin, hasard du calendrier selon le gouvernement, la ministre des Transports Elisabeth Borne a présenté un projet de loi qui propose des aides à la mobilité durable, en faveur du vélo, de la voiture électrique ou encore du covoiturage. Le gouvernement a préféré exclure les péages urbains du projet de loi pour ne pas « accentuer les fractures entre territoires », a indiqué dimanche le ministère.

Vers une rencontre avec des gilets jaunes?

En attendant, les « gilets jaunes », mouvement de protestation protéiforme contre la hausse des taxes sur les carburants et le manque de pouvoir d’achat continuait lundi ses actions sur le terrain, avec plusieurs blocages, et tentaient de s’organiser. Benjamin Griveaux a par ailleurs dit que le gouvernement était « ouvert » à une rencontre avec des représentants du mouvement. Ce dernier a créé une « délégation » de huit « communicants officiels » pour engager une « prise de contact sérieuse et nécessaire » avec les autorités.

Ces « huit citoyens », « apolitiques », dont deux des initiateurs du mouvement, demandent aussi bien la suppression du Sénat que la baisse des charges patronales, ou une hausse du smic et des retraites.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé qu’elle irait mercredi à la rencontre des « gilets jaunes » à La Réunion qui a connu des violences la semaine dernière, et où le nombre de barrages a de nouveau augmenté ce lundi. Elle doit y faire des annonces notamment sur le coût de la vie.

Certains « gilets jaunes » envisagent déjà un acte III le 1er décembre. Jose Espinoza, coordinateur des « gilets jaunes » à Montreuil, met justement en garde le président de la République: « Si le gouvernement ne répond pas concrètement, on va avoir un mouvement encore plus fort. »





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