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La méthode Brazelton pour apprendre à communiquer avec votre bébé

La méthode Brazelton pour apprendre à communiquer avec votre bébé

Face à un bébé qui dort peu, qui mange mal, ou qui pleure à longueur de journée, il existe une approche qui peut s’avérer très utile, dès les premiers jours de vie: l’observation avec l’échelle de Brazelton. Retour sur un concept à la portée de tous les parents.

Favoriser la relation parents-bébé

Le Centre Brazelton Suisse, endeuillé par la récente disparition du fameux pédiatre américain, célèbre cette année ses 20 ans (lire encadré). L’occasion de revenir sur cette approche comportementale du nouveau-né, aujourd’hui très prisée des parents et reconnue par les spécialistes de la néonatalité.

Au cœur de cette approche: l’idée que chaque enfant possède sa propre personnalité, qu’il convient de connaître pour répondre au mieux à ses besoins. «L’échelle de Brazelton permet de voir à quel point le bébé se mobilise pour communiquer avec l’adulte et combien il aime ça», nous explique la pédiatre et pédopsychiatre Nadia Bruschweiler-Stern, fondatrice du Centre Brazelton de Genève. L’échelle de Brazelton est réalisée par un professionnel de santé formé à cette approche (sage-femme, pédiatre, psychologue) qui dresse le profil de l’enfant à travers différents comportements et forme ensuite les parents à cette observation.

Concrètement, ça sert à quoi?

Le but de la démarche est d’apporter des outils pour mieux comprendre les signaux du nouveau-né, utiles par exemple dans les situations suivantes:

«Mon bébé ne dort pas bien»

L’échelle de Brazelton accorde une grande importance à l’observation du sommeil du nourrisson. On regarde sa position, s’il dort immobile, replié sur lui-même ou les bras écartés. On le soumet également à des stimulations (lumière sur les paupières, son de hochet ou de clochette) afin d’observer ses réactions et sa capacité à protéger son sommeil. Ces paramètres permettront aux parents de savoir dans quelles conditions l’enfant dort «bien». Des informations très utiles lorsqu’il y a par exemple un aîné avec qui le bébé partage sa chambre.

A vous de jouer! Observez comment votre enfant dort:

  • A-t-il besoin d’être dans un calme absolu? Est-il gêné par la lumière? Trouve-t-il le sommeil accompagné par la voix de sa mère?
  • A-t-il besoin d’être bercé? Est-il rassuré par l’enveloppement (emmailloté dans un lange par exemple)?

«Mon bébé pleure sans arrêt»

Pour le bébé, les pleurs représentent l’un des moyens de communication les plus efficaces pour s’exprimer. C’est pourquoi il est important d’essayer de les décoder. Car si les pleurs indiquent souvent un besoin de base (faim, fatigue) ou de l’inconfort (besoin d’être changé), ils peuvent aussi être un signe de douleur, d’une perte de repères lorsqu’il y a trop de nouveautés ou de stimulations, ou simplement le besoin d’être au contact de sa mère.

A vous de jouer! Observez aussi comment votre enfant s’apaise:

  • Parvient-il à s’auto-consoler ou a-t-il besoin de l’intervention de l’un de ses parents?
  • Cesse-t-il de pleurer lorsqu’on lui parle? Lorsqu’on le prend dans les bras? Lorsqu’il suce sa tétine ou son pouce? Ou lorsqu’il mange?

«Mon bébé ne mange pas bien»

Là encore, l’environnement est très important. Un bébé sensible, né prématurément par exemple, peut être gêné par le bruit, la lumière ou l’activité autour de lui. Il peut lui être impossible de manger dans ces conditions, alors qu’il a pourtant faim. Il faut alors tenter de le nourrir dans un environnement moins stimulant. Les écrans, qui ont envahi nos foyers, peuvent également perturber les repas. Hyperstimulante, la télévision apporte une distraction qui peut à la fois créer un défaut de contact entre la mère et l’enfant, mais aussi devenir un contexte habituel des repas, rendant l’enfant addict à sa présence.

A vous de jouer! Observez l’environnement autour du repas de votre enfant:

  • A-t-il besoin de calme pour manger? Semble-t-il gêné lorsqu’il y a trop de bruit, de lumière, ou la présence d’une tierce personne dans la pièce?
  • La télévision est-elle allumée lors des repas? La personne qui nourrit l’enfant regarde-t-elle un écran en même temps?

A noter: L’approche de Brazelton n’a pas pour objectif d’établir un diagnostic médical, mais l’observation fine de l’enfant permet parfois d’orienter vers un problème organique: un trouble digestif comme une intolérance ou un reflux, par exemple.

Des bébés «écoutés» et des parents rassurés

Cette approche est également bénéfique pour les parents, qui apprendront à se faire confiance dans leur rôle, comme l’explique cette maman qui a participé à une consultation avec son nouveau-né: «Nous avons acquis une forme d’assurance et appris à suivre notre instinct de parents».

L’échelle de Brazelton permet aussi, plus largement, aux parents de se construire. Là se trouve aussi l’intérêt du processus, explique Nadia Bruschweiler-Stern, co-auteure de La naissance d’une mère (Ed. Odile Jacob): «Ce moment où l’on perçoit le nouveau-né non plus comme un objet de soin mais comme le partenaire d’un dialogue est clé. C’est une transformation psychique qui fait qu’on ne regarde plus jamais son enfant comme avant.»

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A lire:

– Echelle de Brazelton, T. Berry Brazelton et J. Kevin Nugent, Ed. Médecine & Hygiène, 2001

Ecoutez votre enfant, T. Berry Brazelton, Ed. Petite bibliothèque Payot, 2006

Points Forts. De la naissance à 3 ans, T. Berry Brazelton, Ed. Le Livre de Poche, 1999

Paru dans Le Matin Dimanche le 01/04/2018.





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