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La préservation de la fertilité: une opportunité pour les femmes

La préservation de la fertilité: une opportunité pour les femmes

Donnée sensible, la fertilité est soumise à l’épreuve du temps. Avec l’âge en effet, la possibilité pour une femme de faire un enfant s’amenuise. La ménopause, qui marque la fin de la période de fertilité, survient en moyenne à l’âge de 50 ans. Carrière, accomplissement et choix personnels, parcours de vie… l’âge de la première grossesse est quant à lui toujours plus tardif. En Suisse, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 30,7 ans*. Or, sur le plan strictement biologique, il faudrait idéalement envisager une grossesse avant 35 ans, âge à partir duquel la courbe de fertilité descend.

Au fil du temps

Les filles naissent avec une réserve d’ovocytes qui leur est propre. Ce stock, constitué de millions de follicules, diminue au cours de la vie. A chaque cycle menstruel en effet, on assiste à l’élimination de centaines d’entre eux. La qualité des ovocytes et leur quantité s’altèrent également avec le temps. La ménopause survient lorsque la réserve est épuisée.

Et pour l’homme?

En cas de maladie grave comme un cancer, on propose au patient une cryoconservation* de son sperme. La procédure est simple et très rapide, le sperme résistant très bien à la congélation. Il s’agit de la même technique que pour le don de sperme. Aucune préparation particulière n’est nécessaire.

En librairie

Vous vous posez des questions sur la fertilité et la procréation médicalement assistée? J’ai envie de comprendre… La procréation médicalement assistée, écrit par Aurélie Coulon et Nicolas Vulliemoz, et publié aux éditions Planète santé (2017), aborde tous les thèmes qui y sont rattachés: fertilité, stérilité, examens, traitements, aspects légaux, témoignages, etc.

Médical ou social

Aujourd’hui, les progrès en médecine de la reproduction permettent aux femmes de préserver leur fertilité. Celles-ci peuvent en effet avoir recours à la vitrification de leurs ovocytes pour des raisons personnelles, mais d’abord médicales. Cette technique est aujourd’hui proposée systématiquement aux patientes fertiles qui doivent avoir recours à des traitements potentiellement délétères pour la fertilité tels que des chimiothérapies ou des actes chirurgicaux touchant les ovaires. Mais elle est aussi ouverte à toutes les femmes souhaitant retarder leur maternité. Dans ce cas, on parle de «social freezing» ou cryoconservation sociale. Aux Etats-Unis, Apple et Facebook vont jusqu’à proposer son remboursement à ses employées, ce qui n’a pas manqué de créer la polémique en 2014. En Suisse, la demande serait de plus en plus grande. Pour la Dre Corinne Miserez Zaugg, gynécologue et spécialiste en médecine de la reproduction à Genève, «cette solution est une magnifique opportunité pour les femmes qui souhaitent se donner la possibilité de retarder les effets du temps sur leur fertilité». Néanmoins, «les femmes qui choisissent de cryoconserver leurs ovocytes doivent être très bien informées, et un accompagnement psychologique ainsi qu’un bilan médical sont recommandés», indiquent Aurélie Coulon et Nicolas Vulliemoz dans leur ouvrage sur la procréation médicalement assistée (voir encadré).

La technique

La vitrification consiste en une congélation très rapide des ovocytes. Ceux-ci sont plongés dans de l’azote liquide à une température de moins 196°C. Cette technique a l’avantage d’empêcher la formation de cristaux sur les gamètes et permet de les conserver. Après un bilan médical spécialisé pour savoir si la réserve ovarienne est suffisante, une hyperstimulation ovarienne par injections est prescrite. Elle a pour but la libération d’ovocytes en nombre qui sont ensuite ponctionnés par le spécialiste sous anesthésie locale ou générale. On pique l’ovaire par voie vaginale et on aspire les ovocytes. Légalement, ce matériel biologique peut ensuite être conservé durant 10 ans. Pour les femmes intéressées, «il faudrait idéalement faire ce prélèvement avant l’âge de 30 ans. Au-delà de 38 ans, les ovocytes sont de moins bonne qualité», précise la Dre Corinne Miserez Zaugg. L’âge de la patiente a en effet un impact sur le résultat de la vitrification ainsi que sur les chances de grossesses ultérieures.

Mais la démarche a un certain coût: un tel traitement –y compris l’hyperstimulation ovarienne– coûte environ 5000 francs et n’est pas pris en charge par l’assurance-maladie.

Faire un bébé

Pour concrétiser son désir d’enfant, la patiente –qui aura auparavant eu recours à la vitrification– peut d’abord essayer de faire un bébé naturellement, comme le conseillent les gynécologues. Si la grossesse ne vient pas, alors il faudra avoir recours à la procréation médicalement assistée (ICSI).

Suis-je (encore) fertile ?

La question taraude beaucoup de femmes. Et la réponse, souvent, n’est pas simple à apporter. Pour commencer, le fait d’avoir des cycles réguliers est un bon indicateur. L’âge compte également beaucoup puisque comme on l’a dit (lire article principal), la fertilité suit une courbe décroissante avec les années. Mais différents éléments peuvent réduire les chances de grossesse: des troubles de l’ovulation (insuffisance ovarienne par exemple), des anomalies au niveau des trompes ou de l’utérus, une endométriose ou des atteintes des ovaires (ovaires polykystiques). C’est le cas également de maladies systémiques comme le diabète ou celles touchant la glande thyroïde. Quant au style de vie, il joue un rôle important: le tabagisme, le surpoids ou l’anorexie, la consommation excessive d’alcool, la prise de drogues, la pratique intensive de sport peuvent eux aussi nuire à la fertilité de la femme. Mais, doit-on le rappeler, il faut être deux pour faire un enfant, et la fertilité est avant tout une histoire de couple.

En cas de doute sur votre fertilité, il est conseillé d’attendre 1 an sans réussite avant de consulter (si les cycles sont réguliers) pour autant que vous ayez moins de 35 ans. Si vous avez plus de 35 ans, les médecins conseillent de prendre rendez-vous avec le gynécologue après 6 mois de tentatives infructueuses. Différents examens seront réalisés, en parallèle chez l’homme et chez la femme, pour comprendre ce qui empêche la survenue d’une grossesse.

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* Source : Office fédéral de la statistique 2016.

Paru dans le Quotidien de La Côte le 14/02/2018.





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