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Législatives en Essonne: avec Farida Amrani, la France insoumise joue gros

Législatives en Essonne: avec Farida Amrani, la France insoumise joue gros

POLITIQUE – La France insoumise va-t-elle rattraper son retard? Le deuxième tour de la législative partielle dans l’ancien fief de Manuel Valls, en Essonne, se tient ce dimanche 25 novembre, et l’ombre de l’ex-Premier ministre parti concourir pour la mairie de Barcelone plane. Son bras droit de toujours, le maire d’Évry Francis Chouat, fait office de favori face à l’Insoumise Farida Amrani, battue de très peu en juin 2017. Créditée de 17,8% des voix à l’issue du premier tour de cette législative partielle, elle peut encore espérer l’emporter face au candidat soutenu par la majorité et ses 29,9%.

C’est donc dans un esprit de revanche que va se jouer cette élection cruciale pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. Preuve de son importance: l’investissement personnel des pontes de la France insoumise -dont les députés Ruffin, Obono et Quatennens- qui ont largement battu le pavé essonnien en vue d’obtenir un nouvel élu à l’Assemblée nationale. « Ce 18e député, ne croyez pas que c’est juste une figure de style: nous en avons besoin », lançait encore le patron des Insoumis lors d’un meeting de soutien à Corbeil-Essonnes juste avant le premier tour.

Mais au-delà de la course à la députation, le scrutin revêt de nombreux enjeux pour la France insoumise, dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué notamment par la grogne des gilets jaunes et les scènes de chaos de samedi sur les Champs-Élysées, l’impopularité croissante d’Emmanuel Macron, mais également le décrochage de Jean-Luc Mélenchon dans les enquêtes d’opinion.

Premier test après les perquisitions

Le leader de la France insoumise veut faire de ce scrutin un test sur sa propre personne et sur la santé de son mouvement après l’épisode rocambolesque des perquisitions d’octobre et l’ouverture de deux enquêtes judiciaires. Pour le député des Bouches-du-Rhône, l’élection de Farida Amrani serait « un événement politique national » qui feraient mentir « ceux qui croyaient qu’il suffisait de m’accabler, de me perquisitionner, de m’humilier », a-t-il lancé la semaine dernière en meeting, ravivant l’argument de « l’acharnement judiciaire. »

Cette élection sera en effet un moyen de mesurer l’évolution du vote insoumis, un an et demi après les législatives remportées en grande majorité par l’effet Macron et « le dégagisme ». Mais si jamais l’effondrement de la cote de popularité de Jean-Mélenchon (constatée par tous les instituts de sondage) se répercute dans les urnes et débouche sur une défaite de Farida Amrani, le camouflet sera sévère pour LFI, les élections partielles étant bien souvent promises aux oppositions.

Un résultat négatif voudrait dire que la protégée de Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à remonter les 139 voix qui l’avaient privée d’une victoire face à Manuel Valls en 2017. Et ce, en dépit de la mauvaise passe que traverse Emmanuel Macron, dont la popularité est au plus bas. D’autant que la période est marquée par la mobilisation d’ampleur de « gilets jaunes » excédés par la politique « injuste » de la majorité et dont la colère s’est cristallisée sur la hausse des prix du carburant, jusqu’à réclamer la « démission » du chef de l’Etat.

C’est aussi un des enjeux de cette élection: réussir, enfin, à capitaliser sur l’impopularité de l’exécutif avant les rendez-vous électoraux européens et municipaux. Malgré les difficultés croissantes du gouvernement, aucun parti d’opposition ne semble tirer son épingle du jeu, à l’exception du Rassemblement national (ex-FN) qui grignote quelques points dans les intentions de vote. A contrario, malgré les coups d’éclat des députés Insoumis à l’Assemblée (ou ailleurs) et le titre auto-décerné de « premiers opposants à Macron », Jean-Luc Mélenchon et ses troupes ne progressent pas en vue des européennes.

Parfum de revanche

Par ailleurs, l’élection sera d’autant plus suivie que la précédente s’est déroulée dans un climat extrêmement tendu. Manuel Valls, qui a démissionné début octobre et annoncé sa candidature à la mairie de Barcelone, avait été accusé de fraude par son adversaire (la plainte a finalement été classée sans suite) à l’issue d’un scrutin très tendu. L’ancien Premier ministre avait revendiqué la victoire dans une ambiance houleuse et sous les cris de « tricheur, tricheur » des militants Insoumis. Lui avait dénoncé une « campagne de haine ».

Si les deux camps assurent qu’ils ne veulent pas rejouer 2017, le climat reste pesant et prend des allures de revanche inespérée pour les Insoumis. D’autant que se dresse face à Farida Amrani une alliance de circonstances -formée par Francis Chouat, le maire d’Évry soutenu par LREM et les cinq autres maires de la circonscription- dont la priorité assumée est de faire barrage à LFI. « On a tous en tête les images violentes » du soir des résultats, affirme-t-on dans l’entourage de Chouat, pour qui « il y a un front démocratique contre la candidature populiste de Farida Amrani ».

De son côté Jean-Luc Mélenchon n’a pas retenu ses coups depuis la démission de l’ancien Premier ministre. « Depuis que Valls est parti, il y a son modèle réduit », ironisait-il encore lors de son meeting à Corbeil-Essonnes.

L’ex-candidat à la présidentielle, qui avait longtemps crié à une élection truquée en juin 2017, a promis à ses troupes la plus grande vigilance. « Il y aura, contrairement à notre indicible naïveté la dernière fois, des assesseurs et des délégués dans tous les bureaux », lançait-il avant le premier tour, exhortant « ceux qui organisent la triche » à ses yeux et « ceux qui la laisseraient se dérouler devant eux sans rien dire » à faire preuve de « rigueur, transparence et honnêteté. »

Pas certain toutefois qu’un dispositif anti-fraude renforcé n’empêche une autre désillusion pour la France insoumise. Pour l’emporter, Farida Amrani devra récupérer les voix qui se sont portées sur le communiste Michel Nouaille (8,4) et l’écologiste Eva Sas (10,5). Contrairement au premier, la candidate commune à Europe Écologie Les Verts et au Parti socialiste n’a pas donné de consigne de vote.





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