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L'épuisement professionnel des médecins, un risque potentiel pour le patient

L'épuisement professionnel des médecins, un risque potentiel pour le patient

L’épuisement professionnel des médecins auraient des conséquences dévastatrices sur la qualité des soins qu’ils dispensent. C’est la conclusion alarmiste d’une méta-analyse, réalisée par les universités anglaises de Manchester, Keele, Leeds, Birmingham et Westminster et publiée le 1er octobre dans la revue JAMA Internal Medicine. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont examiné 47 articles analysant 43 000 réponses de médecins sur la question.

Le constat est clair : les médecins qui se déclarent en burn out sont deux fois plus susceptibles de commettre des erreurs, comme des diagnostics incorrects ou de mauvaises prescriptions.

Des risques de mauvaises pratiques

« En tant que médecin généraliste, je suis bien consciente de l’impact du stress chez les cliniciens, chez l’individu et chez leurs collègues. Cette étude prouve que l’épuisement professionnel met en péril les soins aux patients et la sécurité des patients. […] Une main-d’œuvre malade ne peut fournir de bons soins aux patients », déclare la professeure de recherches en médecine générale à Keele Carolyn Chew-Graham sur le site de l’Université.

Un récent rapport du General Medical Council (GMC) – l’ordre des médecins britanniques – signalait que des erreurs préjudiciables évitables surviennent chez 1 patient sur 10. Le surmenage doublerait en effet le risque du non-respect des normes professionnelles et des mauvaises pratiques. Des risques qui touchent particulièrement les jeunes praticiens. Parmi 52 000 médecins britanniques débutants, un stagiaire sur quatre déclarait se sentir en épuisement professionnel.

Un impact sur la satisfaction des patients

Le burn out est ainsi associé à des soins de mauvaise qualité et à un manque de « professionnalisme ». Car la satisfaction des patients est également en jeu. La directrice de l’étude Maria Panagioti, chercheuse de l’Université de Manchester, explique – toujours sur le site de Keele – que celle-ci est trois fois inférieure lorsque les médecins sont physiquement, émotionnellement et mentalement épuisés. Des signes qui, selon les experts, définissent le burn out. Entre 2016 et 2017, la satisfaction du public vis-à-vis du National Health Service (NHS) – système de santé publique au Royaume-Uni – a diminué de 63 à 57 %.

« Clairement, ce n’est pas la faute des médecins, revendique  la chercheuse. Cela est dû à une combinaison de facteurs, y compris une charge de travail élevée, la façon dont les équipes travaillent ensemble et l’absence de mesures qui améliorent le bien-être. Mais il s’agit également d’une culture de la performance qui, ces dernières années, est devenue plus répandue dans la profession médicale. Les médecins sont de plus en plus sollicités pour être surhommes, alors qu’ils ne le sont pas. » Elle invite les organismes de la NHS à examiner la charge de travail, améliorer le travail d’équipe et échanger avec les professionnels. « La formation à la résilience, comme les cours de pleine conscience […] financés par des organisations de soins de santé, est également utile », ajoute-t-elle.

En France, le constat est le même. L’association Paroles de professionnels se penche sur le phénomène depuis plusieurs années déjà. En 2014, elle déclarait qu’un médecin généraliste sur trois est en burn out à cause de sa charge de travail, mais aussi de la relation médecin-patient qui se dégrade. Dans cette nouvelle étude à grande échelle, les chercheurs alertent : le manque d’empathie lié à la dépersonnalisation du praticien peut être source de souffrance psychologique pour le patient.

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