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Les épidémies au Nigeria, potentielle « bombe à retardement » – Santé

Les épidémies au Nigeria, potentielle "bombe à retardement" - Santé

Toute personne arrivant de RDC et des pays voisins sera « passée au crible », a annoncé le ministre de la santé nigérian et la Fédération de Football hésite à maintenir le match amical entre les deux pays pour des risques sanitaires: des mesures radicales, qui peuvent paraître disproportionnées, mais qui donnent la mesure de la peur des épidémies dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

Situé non loin de l’équateur, avec un climat humide et très chaud, le Nigeria est un terrain propice aux virus et il a dû affronter des maladies aussi rares que dangereuses.

Cette année, une centaine de personnes ont déjà succombé à la fièvre de Lassa, une fièvre hémorragique de la famille d’Ebola, qui porte le nom du village dans le nord-est où a été identifiée la maladie en 1969.

Les trois cas déclarés de poliomyélite en 2016, les premiers après que le Nigeria eut été retiré de la liste des pays endémiques par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ainsi que la variole du singe (trois cas en 2017) ont fait moins de victimes, mais inquiètent fortement les autorités sanitaires locales et internationales.

Le pays se trouve également au coeur de la « ceinture de la méningite », qui s’étend du Sénégal jusqu’à l’Éthiopie. En 2017, une épidémie du virus de souche C – détecté pour la première fois au Nigeria – a fait plus de 1.100 morts sur près de 15.000 cas suspects.

Urbanisation accélérée

« Les changements climatiques, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée sont autant de facteurs aggravants et il faut être très prudent sur les risques », explique Valérie Nkamgang Bemo, en charge des gestions de crise pour la Fondation Bill et Melinda Gates.

« En Afrique de l’Ouest, les populations voyagent énormément », poursuit-elle. « Si Ebola a fait tant de victimes, c’est parce qu’on y a fait face avec les habitudes du passé, lorsque la maladie était cantonnée à des villages forestiers », poursuit la spécialiste.

Dans un pays où la moindre ville « moyenne » frôle le million d’habitants et qui compte deux mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants, il faut former les équipes médicales, analyser les données des précédentes épidémies, organiser en amont un transport des échantillons.

« Chaque Etat doit être préparé localement aux maladies auxquelles il est plus sujet », explique le Dr Nkamgang Bemo.

Le Nigeria a prévu une dépense de 340,5 milliards de nairas (800 millions d’euros) pour le secteur de la santé en 2018 (soit 3,9% de son budget, bien loin des recommandations de l’OMS à plus de 13% du bugdet).

Le manque d’infrastructures, la pauvreté des équipements, mais aussi l’incapacité des patients à payer leurs traitements, font du premier exportateur de pétrole en Afrique l’un des plus mauvais élèves du continent en matière de santé.

Le personnel de santé est d’ailleurs en grève depuis le mois d’avril, venant aggraver encore ce paysage catastrophique.

Pourtant, les épidémies parviennent à être mieux contrôlées ces dernières années, notamment grâce aux efforts du Centre national nigérian de contrôle des épidémies (NCDC) et au soutien de la communauté internationale.

Santé publique mondiale

« Le pays a plus de ressources en matière de recherche médicale que n’importe quel autre pays d’Afrique de l’Ouest, même si nous ne recevons pas beaucoup d’aide financière du gouvernement fédéral », note le professeur Christian Happi, directeur de l’Institut pour les maladies infectieuses à Redeemer’s University à Osogbo (sud-ouest).

Il dispose notamment du seul « laboratoire mobile » pour fièvres hémorragiques, financé par l’Union européenne pour effectuer des tests rapides dans les régions les plus reculées.

En 2014, lorsque le premier cas d’Ebola avait été signalé à Lagos, capitale économique tentaculaire de 20 millions d’habitants, le monde entier avait retenu son souffle. Finalement, seules sept personnes sont décédées, sur 19 contaminées, de cette maladie très contagieuse qui a fait plus de 11.000 morts en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016.

L’OMS avait salué « le succès spectaculaire » face à ce qui aurait pu devenir « une épidémie urbaine apocalyptique »: les autorités de l’Etat de Lagos ont réagi à temps, et du personnel médical de fondations internationales en poste à Abuja a été déployé.

« Le gouvernement nigérian à l’époque a eu une très, très forte pression de la part d’autres pays pour gérer cette crise », confie un employé de l’OMS. « Cela aurait pu être dramatique. »

« Le monde n’a pas d’autre choix que d’investir beaucoup d’argent au Nigeria », conclut le Pr Happi. « Avec notre forte population, cela peut rapidement devenir un problème global, une bombe à retardement. »





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