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Luc Besson visé par de nouveaux témoignages pour des violences sexuelles

Luc Besson visé par de nouveaux témoignages pour des violences sexuelles

VIOLENCES SEXUELLES – Déjà visé par une plainte pour viol, Luc Besson est désormais mis en cause par cinq autres femmes, qui accusent le cinéaste français de comportements inappropriés voire d’attouchements et de harcèlement sexuel, selon de nouveaux témoignages publiés par Mediapart ce mercredi 28 novembre.

Quatre femmes avaient déjà témoigné en juillet pour dénoncer le comportement du réalisateur avec son entourage professionnel. Ce mercredi, Mediapart publie les témoignages de cinq autres femmes, dont une version plus détaillée du récit d’Emmanuelle (le prénom a été modifié, ndlr), qui s’était déjà exprimée en juillet. Comme le souligne le site, les témoignages se font tous écho, notamment à propos des lieux choisis par le réalisateur pour ses rencontres, ainsi que des attitudes décrites.

Ces accusations émanent notamment de deux anciennes étudiantes de l’école de La Cité du Cinéma, fondée par Besson en 2012. L’une d’entre elles, présentée sous le nom d’emprunt de Laura, évoque des faits datant de 2016 et qu’elle qualifie de « harcèlement sexuel ». Elle évoque plusieurs incidents au cours desquels le réalisateur lui aurait fait des bisous « de manière appuyée », parfois « dans le cou », lors d’un stage sur le tournage du film « Valérian » sur lequel plusieurs élèves de l’école ont pu travailler.

L’autre étudiante, Pauline, évoque quant à elle deux épisodes qui se seraient déroulés en 2015. Le premier a eu lieu « en marge d’un événement de l’école », où Luc Besson s’est « quasi frotté » à elle pendant qu’elle déjeunait, faisant également une remarque sur son physique « quelque chose comme « C’est que ça a besoin de manger hein?! » ». Le second épisode se serait aussi déroulé lors d’un stage sur le tournage du film « Valérian ». Pauline affirme que le réalisateur lui a mis « une main aux fesses », des propos corroborés par un autre stagiaire présent au moment des faits.

Aucune des deux étudiantes n’a porté plainte. Toutefois, Laura a témoigné en juillet auprès des forces de l’ordre, encouragée par les premières accusations à l’encontre de Luc Besson.

Du « chantage » pour « la mettre dans son lit »

Mediapart publie également le témoignage d’Ananda (le prénom a été modifié, ndlr), ancienne employée de la société de production EuropaCorp de Luc Besson. Sans parler de viol, Ananda évoque trois relations sexuelles obtenue par manipulation et accuse le réalisateur d’avoir « opéré un chantage pour [la] mettre dans son lit ». Elle raconte notamment être entrée en contact avec Luc Besson pendant une période difficile de sa vie. Après avoir lancé un appel à l’aide pour trouver un emploi et un logement, elle a reçu une invitation du réalisateur qui lui proposait une rencontre à l’hôtel Le Meurice. Arrivée sur les lieux, elle trouve une note signée de la main de Luc Besson (publiée par Mediapart qui l’a fait expertiser) qui l’invite à profiter d’une « soirée de Princesse ».

Après une soirée en tête à tête, Ananda se réveille à l’hôtel « avec l’impression qu’un truc pas clair s’était passé. » « Tu te sens sale. Mais tu es désespérée et le gars te fait comprendre qu’il a une solution à tous tes problèmes », témoigne-t-elle à Mediapart. Après ce premier rendez-vous, la jeune femme se rend aux bureaux d’EuropaCorp, sur les conseils de Luc Besson. Elle devient assistance de direction du réalisateur. Pendant la durée de son contrat, « elle aurait subi des attouchements permanents sur les fesses et des « bisous » non voulus. La main baladeuse sous le chemisier, sous la jupe parfois même, comme un gosse qui essaye de te tripoter ni vu ni connu », écrit Mediapart en la citant.

Outre ces attouchements, la jeune femme rapporte avoir eu trois relations sexuelles avec le réalisateur, toutes dictées par « la manipulation ». « J’étais au fond. Il le savait et il jouait là-dessus « , explique-t-elle à Mediapart, à propos de sa première relation intime avec le réalisateur. Après la fin de son CDD, Ananda s’est vu proposer un CDI qu’elle a refusé. Les faits, qui se seraient déroulés dans les années 2000, sont désormais prescrits.

Enfin, le site d’investigation rapporte le témoignage de Karine Isambert, ancienne mannequin et comédienne, désormais productrice de théâtre. Elle décrit sa rencontre avec Luc Besson, qu’elle pensait à l’origine être pour un casting. « Je lui dis que je pensais passer un casting, je lui demande si je n’ai pas un texte à lire. ‘Non non, moi ce qui me plaît vous voyez, c’est ces photos, celles où vous faites très jeune et celles où vous faites très femme’ lui aurait-il répondu. Ça va être difficile pour moi de vous donner un rôle si on ne dîne pas ensemble parce que j’ai besoin un peu de faire connaissance, d’être limite un peu amoureux de vous », écrit Mediapart. Elle raconte également qu’à la fin du rendez-vous, le réalisateur l’aurait « attrapée par le haut de la fesse pour [la] presser contre lui assez fort, en [lui] faisant la bise. »

Début octobre, Luc Besson a été entendu en audition libre dans le cadre de l’enquête ouverte après la plainte pour viol de Sand Van Roy. Le dossier a été transmis au parquet, qui doit désormais décidé des suites juridiques à donner à l’affaire. Après le témoignage de Sand Van Roy, Luc Besson avait dénoncé « des accusations fantaisistes ». Il a depuis refusé de s’exprimer sur l’affaire.





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