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Nos enfants sont-ils trop propres ?

Nos enfants sont-ils trop propres ?

Trop d’hygiène est-il contre-productif pour le système immunitaire de nos bambins ? Nous avons posé la question au Dr Pierre Popowski, pédiatre.

Pourquoi, selon vous, aujourd’hui nos enfants sont-ils trop propres ?

Dr Pierre Popowski. Les progrès de la médecine font que nos enfants évoluent dans un environnement trop aseptisé. Or, plus l’enfant est en contact avec des petits microbes dès sa tendre enfance, plus son système immunitaire se développe. Sinon, leur corps ne produit pas assez d’anticorps pour se défendre seul contre les maladies. Vivre à la ferme, en s’exposant à la poussière et aux animaux, réduit de 50 % la probabilité de développer un asthme.

Cela commence-t-il bébé ?

Dr Pierre Popowski. Des études montrent que les enfants nés par césarienne sont plus souvent malades. Ceux nés par voie basse ont traversé une filière moins propre (le vagin de leur maman) mais sont paradoxalement davantage protégés. Le liquide amniotique lui-même ne serait pas stérile, tout comme le lait maternel. Le fait de baigner dès la naissance dans de bonnes bactéries a une influence positive.

Alors, faut-il assouplir les règles d’hygiène ?

Dr Pierre Popowski. Oui, sans aucun doute. Bien sûr, il ne s’agit pas de revenir au Moyen Âge ! Tout est affaire de juste mesure et de contexte. À l’hôpital, il est normal que les conditions d’hygiène soient drastiques. En revanche, à la maison, en l’absence de maladie, recourir à des solutions hydroalcooliques trente fois par jour est excessif.

Observez-vous déjà une progression dans ce sens ?

Dr Pierre Popowski. Oui, notamment en néonatologie. On ne met plus de gouttes d’antibiotiques dans les yeux des nourrissons, ni de désinfectants type Biseptine ® sur le cordon ombilical. Il n’y a plus d’antibiothérapie préventive chez l’enfant. Les impétigos ou les ongles incarnés ne sont plus systématiquement soignés par des antibiotiques par voie générale. C’est déjà une sacrée révolution !

Que peut-on faire pour développer leurs défenses ?

Dr Pierre Popowski. Il faut les laisser être en contact avec la terre, la poussière, le sable, leur permettre de porter les mains à leur bouche. On peut également visiter une ferme, aller en forêt, passer du temps dehors, adopter un animal de compagnie… Et ne pas forcément donner un bain tous les jours au bébé. Lorsqu’il grandit, ne pas trop lui nettoyer le nez, sous peine d’enlever le mucus, riche en bonnes bactéries. Ne pas non plus brûler systématiquement ses verrues : ces infections virales sont utiles pour la maturation du système immunitaire.

Les laisser se salir, oui, mais jusqu’à quel point ?

Dr Pierre Popowski. Il y a évidemment une limite à la saleté et des règles de base à respecter pour protéger son enfant. Il faut lui apprendre à se laver les mains à l’eau et au savon, avant chaque repas, après être allé à la selle ou en venant de l’extérieur. Ne pas faire l’impasse sur le brossage des dents.

Rincer les cheveux le soir afin d’éliminer les pollens. Congeler régulièrement doudous et peluches pour se débarrasser des acariens. Et, lorsque c’est possible, lui éviter les séjours en collectivité avant 3 ans !

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BONS ET MAUVAIS MICROBES : UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE

Les mauvaises bactéries, dites pathogènes, sont celles qui rendent malades. On lutte contre elles à titre préventif via les vaccins, ou à titre curatif via les antibiotiques. Les bonnes bactéries sont celles qui participent au maintien de la santé. On en trouve sur la peau, dans l’intestin, les muqueuses. Une alimentation saine, riche en fibres, favorise le développement de ces microbiotes. On les dope en consommant des probiotiques (dans le fromage, les yaourts, la choucroute crue, les aliments fermentés, etc.).





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