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« On craint les addictions, mais on vend de l’alcool dans les stations-service » – Santé

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Alcoolisme, tabagisme, consommation de drogues et de médicaments, mais aussi dépendance aux jeux vidéo et aux écrans… Tous ces comportements addictifs semblent largement favorisés dans notre environnement quotidien. A l’occasion du premier Forum Addictions et Société, qui s’est déroulé mardi et mercredi à Flagey, Martin de Duve, directeur de l’asbl Univers Santé, pointait : « Nous sommes constamment bombardés de messages médiatiques qui nous poussent à la surconsommation. Comment se fait-il que j’aie envie d’une bière devant un match des Diables, mais pas devant Rafael Nadal ? C’est à cause de la pub. »

Les écrans, fabriques à addicts ?

Il n’est donc pas étonnant que ces conduites se développent, et favorisent l’émergence de cercles vicieux. Les chercheurs de l’observatoire flamand VAD ont en effet observé qu’une personne addict est d’autant plus encline à développer d’autres dépendances. Cela a été observé chez les personnes dépendantes aux jeux en ligne, plus susceptibles de devenir alcooliques. Un autre phénomène inquiète donc les addictologues : l’émergence de la dépendance aux écrans dès le plus jeune âge.

En Belgique francophone, 21 % des jeunes de 12 à 18 ans seraient dépendants de leur smartphone, soit une utilisation de 5 heures par jour. « Tous les applications et réseaux sociaux ont recours à des stratégies pour retenir l’utilisateur, du son émis par les notifications aux récompenses des jeux qui manipulent notre psyché », développe Philippe De Timary, psychiatre. Cela fait-il donc de nos enfants scotchés à leur GSM des addicts en devenir ? « Pas forcément », rassure Marc Derély, psychiatre lui aussi. « Du moment que l’on parvient à imposer un cadre et d’autres types de socialisation à côté. »

Les addictions se séparent en deux catégories : la consommation de produits et substances et les comportements compulsifs.

Les addictions se séparent en deux catégories : la consommation de produits et substances et les comportements compulsifs. © Epsylon

Stopper la stigmatisation

Pourtant, jamais les autorités ne se sont trouvées aussi démunies face à toutes ces évolutions de consommation. « Le gouvernement lance des campagnes contre le binge-drinking, et dans le même temps on vend de l’alcool dans les stations-service ! C’est une ineptie », souffle Marc Derély. Sébastien Alexandre, directeur de la fédération bruxelloise des institutions pour toxicomanes, estime également que rendre les substances addictives illégales est contre-productif. « Le produit échappe non seulement à la régulation, et en plus cela n’a d’impact ni sur sa circulation, ni sur sa consommation. Il y a simplement stigmatisation de l’usager. »

Et c’est contre cette stigmatisation que les addictologues veulent lutter, mais le parcours s’avère encore long. Même les soignants ont bien souvent une mauvaise image de ces patients addicts. « L’idéal du médecin est de soigner une personne qui a été agressée par un élément extérieur, pas quelqu’un qui participe à sa propre dégradation », analyse Marc Derély. « Pourtant, remettre un cadre sociétal sur la question des dépendances est essentiel, parce que les addicts ne sont définitivement pas les seuls responsables de leur état. »





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