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Paracétamol, ibuprofène, aspirine, etc.: comment les utiliser sans risque?

Paracétamol, ibuprofène, aspirine, etc.: comment les utiliser sans risque?

Vous avez certainement au fond de votre sac, dans votre boîte à gants ou chez vous dans la pharmacie, une boîte de paracétamol ou d’anti-inflammatoires. Face à la vaste gamme d’antalgiques disponibles en automédication, la question que l’on se pose souvent est: lequel choisir? Pour faire simple, il suffit dans un premier temps d’identifier le type de douleur.

Choisir selon le type de douleur

L’aspirine: attention danger

Largement utilisée en automédication depuis le début du XXe siècle pour soulager migraines, courbatures, fièvre, maux de dents, notamment, l’aspirine (acide acétylsalicylique) n’est aujourd’hui plus recommandée comme médicament contre la douleur. Même à faible dose, elle possède en effet des propriétés anti-agrégantes qui entraînent un risque élevé d’hémorragie, notamment au niveau gastrique. Pour soulager une douleur ou de la fièvre, on lui préférera donc le paracétamol ou l’ibuprofène, tout aussi efficaces.

Pour soulager une douleur faible ou modérée d’origine inflammatoire –une infection, une blessure, les suites d’une opération, etc.– on favorisera les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) –comme l’ibuprofène– en dosage de 200 mg (Advilâ, Nurofenâ, Nalgesicâ, etc.). En plus de leur action contre la douleur et la fièvre, ils peuvent, à dose plus élevée (400 mg), inhiber la production de prostaglandines, substances responsables de l’inflammation. Selon l’intensité de la douleur, il est recommandé de prendre 1 ou 2 comprimés à renouveler si nécessaire toutes les 6 heures, à condition de ne pas dépasser 6 comprimés par jour. Sans avis médical et en cas de fièvre persistante, le traitement doit être limité à 3 jours.

Pour soulager une douleur faible ou modérée qui n’est pas d’origine inflammatoire –comme des céphalées (maux de tête, migraines), courbatures, règles douloureuses, par exemple– le paracétamol (Dafalganâ, Efferalganâ, Dolipraneâ en France) suffit. Il agit lui aussi sur la fièvre et la douleur. Posologie (douleur faible à modérée): 1 ou 2 gélules de 500 mg par prise à renouveler si besoin toutes les 4 heures, sans dépasser la dose de 4 g de paracétamol par jour (soit 8 gélules).

Ces médicaments se déclinent sous de nombreuses formes galéniques pour faciliter leur administration: comprimés, sirops, suppositoires, etc., dont les posologies peuvent varier de l’une à l’autre, d’où l’importance de lire attentivement la notice.

Leur action est limitée dans le temps (environ 4 heures pour le paracétamol), et il est important de garder à l’esprit qu’ils n’ont aucun effet sur la cause même de la douleur ou de la maladie. Ils permettent simplement de diminuer la sensation de douleur. «Il n’est pas nécessaire de laisser une douleur aiguë s’exprimer, vous pouvez la soulager», conseille néanmoins la Dre Valérie Piguet, médecin adjoint dans le Service de pharmacologie et toxicologie cliniques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «En cas de persistance de la douleur au-delà de trois jours cependant, poursuit-elle, il est fortement recommandé de consulter un médecin pour éventuellement poser un diagnostic.»

Des variations d’un patient à l’autre

Destinés à un large public, ces médicaments présentent une marge de thérapeutique élevée assurant une certaine sécurité lors de leur emploi sans prescription médicale. Les posologies recommandées pour permettre de soulager rapidement différents types de douleurs sont des moyennes obtenues à partir des résultats d’études cliniques. Ces recommandations générales ne tiennent donc pas compte de certains paramètres comme le sexe, le poids, l’âge ou encore les antécédents du patient. «Il peut y avoir des variations de réponse et de toxicité en fonction de l’état physique et du profil génétique, ajoute la Dre Valérie Piguet. Chez certains individus par exemple, la transformation du médicament dans le foie se fera beaucoup plus lentement que chez d’autres et les effets ne seront donc pas les mêmes.»

Dans le cadre d’une automédication, cette variation d’un individu à l’autre doit donc être prise en compte: «Les patients doivent apprendre à se connaître, à savoir s’ils ont besoin d’une dose plus faible ou plus élevée, ajoute-t-elle. En cas de doute, ça vaut la peine d’en parler avec son médecin traitant».

Quels risques?

Si l’automédication peut parfois mener à de mauvais dosages, les antalgiques n’entraînent heureusement des complications que dans de très rares cas: «S’ils sont mis sur le marché sans ordonnance, c’est qu’ils ont une grande marge de sécurité», rappelle la spécialiste. Pour les personnes sans pathologies ni traitement particulier, une consommation régulière et abusive d’antalgiques peut néanmoins provoquer des céphalées.

Mais le principal danger concerne les patients avec une insuffisance rénale, une insuffisance cardiaque ou une hypertension.«Dans ces cas précis, il n’est pas judicieux de prendre des antalgiques sans ordonnance, prévient Valérie Piguet. En particulier les anti-inflammatoires qui exposent en outre à un risque d’interaction avec d’autres traitements comme par exemple les anticoagulants».

Chez certains patients, la prise d’anti-inflammatoires, en particulier au long cours ou en dose élevée, peut également entraîner des troubles gastro-intestinaux importants, comme des ulcères ou des saignements digestifs nécessitant une hospitalisation.

Quant au paracétamol, mal dosé, il représente un danger pour le foie et peut provoquer une insuffisance hépatique très sévère.

Pour les patients à risque, il est donc fortement déconseillé de recourir à l’automédication. «Afin d’éviter les interactions médicamenteuses dangereuses, je conseille d’éviter le « tourisme de pharmacie » et d’acheter tous ses médicaments auprès du même pharmacien qui pourra faire les mises en garde nécessaires», conclut la Dre Valérie Piguet.

Antalgiques chez l’enfant et la femme enceinte: jamais sans avis médical

«Chez l’enfant, comme chez la femme enceinte, c’est clair, il faut impérativement en parler au préalable avec le médecin», souligne Valérie Piguet, médecin adjoint dans le Service de pharmacologie et toxicologie cliniques des HUG. En effet, pour éviter tout risque de mauvais dosage ou de complication, l’automédication est déconseillée.

Pour les enfants, il faudra suivre la recommandation du pédiatre, qui, en fonction de l’âge, du poids, d’éventuels antécédents ou allergies, s’orientera vers tel ou tel antalgique, dont il faudra impérativement respecter la posologie indiquée. «Bien sûr, pas besoin de retourner systématiquement chez le médecin si celui-ci vous a déjà donné des recommandations lors d’une précédente consultation». Une fièvre persistante chez l’enfant, ou accompagnée de symptômes associés, nécessite en revanche une consultation médicale.

Même credo chez la femme enceinte. «D’une manière générale, aucun médicament ne devrait être pris pendant la grossesse sans avis médical», avertit la Dre Piguet. Le paracétamol est le plus communément indiqué en cas de douleurs légères. Il est l’antalgique et l’antipyrétique le mieux connu et le plus sûr chez la femme enceinte, quel que soit le terme de la grossesse. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont quant à eux formellement contre-indiqués dès le sixième mois. Ils peuvent en effet entraîner chez le fœtus des risques d’atteintes rénales et cardiovasculaires graves, voire mortelles.

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Paru dans le Quotidien de La Côte le 24/10/2018.





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