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Pour comprendre la série « Hippocrate », accrochez-vous (mais ça vaut le coup)

Pour comprendre la série "Hippocrate", accrochez-vous (mais ça vaut le coup)

SÉRIES – Bonne nouvelle pour les amateurs du cinéma médical de Thomas Lilti. Le réalisateur d' »Hippocrate », « Médecin de campagne » et « Première Année » s’attaque, à partir de ce lundi 26 novembre, aux difficultés de l’internat à travers une série de 8 épisodes de 52 minutes pour Canal+.

« Hippocrate » (comme son premier film) se déroule dans un hôpital public. Suite à des mesures sanitaires, les médecins titulaires du service de médecine interne se retrouvent confinés chez eux, en quarantaine. Trois internes inexpérimentés et un médecin légiste, qui ne se connaissent pas encore, vont devoir gérer seuls le service et les malades.

Face à ce scénario, on pourrait s’attendre à un huis clos qui tourne mal face à un virus tropical qui se propage. Il n’en est rien. La série du réalisateur-médecin reste fidèle à son travail jusqu’alors: une vision sociale et réaliste du monde de l’hôpital. Très réaliste même. Seuls les personnages et leurs histoires personnelles sont romanesques et nous ramènent dans le monde de la fiction.

Un « vrai » hôpital

Le réalisme d' »Hippocrate » commence par le cadre: la production a recréé un « vrai » hôpital en investissant une aile désaffectée d’un établissement en activité en périphérie de Paris. L’équipe (Louise Bourgoin, Alice Belaïdi ou encore Géraldine Nakache…) a ainsi vécu plusieurs mois dans ce studio, avec autour des acteurs des bâtiments, de vrais patients et le personnel médical.

Dans ce décor plus que vraisemblable, la série reprend de vrais cas médicaux et de vraies situations. Pour les comprendre, le spectateur devra parfois s’accrocher. Le jargon est celui du personnel soignant et on se sent parfois aussi perdu que le stagiaire.

Les termes des soignants

Dans « Hippocrate », on ne dit pas infirmier mais « IDE » (infirmier diplômé d’état). « F To M », lâchent les soignants pour désigner les hommes trans présents dans leur service. Pour vous éviter de taper ceci dans Google: il s’agit de l’abréviation de « Female to Male ».

Les personnages ne miment pas de « fausses » discussions pour nous expliquer qu’ils vont intuber leur patient, ils le font. On ne prendra pas même le temps de vous expliquer que la médecine interne, c’est la spécialité des maladies qu’on ne trouve pas facilement (comme dans « Dr House »). On ne vous détaillera pas non plus les règles de la salle des internes (ces salles régulièrement décriées pour leurs fresques obscènes, comme en 2015 avec la représentation d’un viol collectif impliquant la ministre Marisol Touraine), mais vous finirez bien par comprendre qu’il est interdit d’y parler médecine sous peine de recevoir un gage.

En huit épisodes, la seule scène qui manque légèrement de réalisme est un massage cardiaque peu appuyé performé par Louise Bourgoin. Et encore, pour jouer ce geste médical avec réalisme, elle aurait pris le risque de briser les côtes de l’actrice face à elle…

Pourquoi ça vaut le détour

Ne vaut-il pas mieux alors regarder un documentaire sur l’Hôpital? Ceux qui ont vu les longs-métrages de Thomas Lilti savent à quoi s’attendre. Grâce au grand réalisme de son travail, le réalisateur sait rendre compte des enjeux du monde hospitalier, de ses dysfonctionnements et des conséquences sur les patients comme sur les soignants. Mais il sait aussi nous intéresser à des personnages.

La situation de crise ici, un service sans médecin titulaire, dévoile les forces et les faiblesses de chacun des héros. La médecin malade, la première de la classe confrontée à la réalité du terrain, l’interne qui prend les choses avec un peu trop de légèreté… Au fil des épisodes, on découvre les secrets de ces futurs médecins contraints de grandir vitesse grand V.

Pour dénouement, vous attendrez de savoir ce qui arrivera à ces internes et non pas ce qui viendra régler la crise des hôpitaux. C’est ça, la différence entre une série bien documentée et un documentaire.





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