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Se faire retirer l’utérus comme Énora Malagré, un acte chirurgical rare chez les jeunes femmes atteintes d’endométriose

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SANTÉ – « J’ai pris la décision de me faire retirer l’utérus ». C’est ce que Énora Malagré a confié à Paris Match ce jeudi 28 décembre. L’animatrice de 37 ans s’est entretenue avec le magazine au sujet de son combat contre l’endométriose, cette anomalie gynécologique qui ronge la vie d’une femme sur dix en France.

Après l’ablation chirurgicale de son utérus, l’ancienne chroniqueuse de « Touche pas à mon poste! » ne sera plus menstruée et espère ainsi mettre fin à d’atroces douleurs qui la suivent depuis des années.

Cette opération porte un nom: l’hystérectomie. Elle peut être « totale » et comporter l’ablation du col de l’utérus ou « subtotale », lorsque celui-ci est conservé. On parle d’hystérectomie avec annexectomie lorsqu’il est nécessaire de réaliser également l’ablation des ovaires et des trompes. Dans tous les cas, pour les jeunes patientes, cela signifie la fin de la possibilité de porter un enfant.

Pour comprendre rapidement ce qu’est l’endométriose, il faut savoir que l’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Cette muqueuse utérine s’épaissit en fonction du cycle menstruel. On parle d’endométriose lorsque le développement de cette muqueuse se fait en dehors de l’utérus. Dans ce cas, les récepteurs de l’inflammation sont anormalement multipliés. Les douleurs ressenties, notamment au cours des menstruations ou des rapports sexuels, sont donc extrêmes.

Un traitement médico-chirurgical pendant 3 à 6 mois permet généralement de bloquer les ovaires et les règles afin de détruire les lésions dans la cavité utérine, en enlevant les nodules ou kystes à l’origine de la douleur. On peut aussi supprimer les règles par une prise permanente de pilules progestatives. On parle alors de ménopause artificielle ou chimique.

Toutefois, certaines femmes sont en « échec thérapeutique », c’est-à-dire que les traitements médicamenteux n’ont pas d’effet sur elles.

Dès lors, elles peuvent décider de subir une ablation de l’utérus, même si cela reste « vraiment rare avant 40 ans », note une gynécologue et endocrinologie contactée par Le 4Suisse. Cette opération se pratique plutôt chez des femmes ayant déjà eu des enfants ou étant proches de la ménopause, étant donné qu’elle implique une suppression de la possibilité de porter un enfant.

L’hystérectomie est pratiquée par des spécialistes chirurgiens-gynécologues dans le cadre d’autres pathologies bénignes, telles que les fibromes, qui sont des boules de muscles qui se développent dans le muscle utérin, mais aussi pour traiter des cancers du col de l’utérus ou de l’endomètre.

L’hystérectomie est assez peu courante en France, avec environ 70.000 cas recensés par an (pas forcément chez des femmes souffrant d’endométriose). « En France, on respecte beaucoup la matrice (terme médical pour décrire l’utérus), notamment pour des raisons psychologiques », précise la professionnelle de santé. En effet, si cette ménopause chirurgicale ne laisse « aucune séquelle physique », comme l’assure la gynécologue, il peut y avoir des conséquences psychologiques, tout comme après une ménopause naturelle. Il s’agit notamment d’accepter l’incapacité physique de procréer, ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.

Au-delà des conséquences que l’on connaît (stérilité définitive, absence de règles, diminution ou disparition des douleurs…) et d’un éventuel risque opératoire, la spécialiste maintient que les effets secondaires sont très faibles dans le cas de l’hystérectomie.

Cette opération n’aurait par exemple pas d’impact négatif sur la sexualité. « Votre vie sexuelle est identique », souligne la gynécologue. L’ablation de l’utérus ne doit en effet rien modifier puisque la cavité vaginale est entièrement conservée. La majorité des patientes décrivent même une nette amélioration de leur sexualité après l’hystérectomie, comme le révèle une vaste étude menée aux Etats-Unis.

Dès lors, « on peut tout à fait vivre sans utérus », assure cette dernière. « Il ne sécrète rien. En dehors du moment de la grossesse, c’est une cavité virtuelle dans laquelle il n’y a rien », conclut-elle.





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