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Sport – Le Giro en Terre Sainte, un tracé controversé

20 minutes - Le Giro en Terre Sainte, un tracé controversé

Protestation d’Israël sur l’appellation «Jérusalem-Ouest», indignation des Palestiniens après le retrait de ladite appellation… L’organisation du départ du prochain Tour d’Italie de Jérusalem se révèle un parcours semé d’embûches diplomatiques avant même le premier coup de pédale prévu le 4 mai.

Ce dossier prend aussi un relief tout particulier après la décision mercredi du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

L’affaire du Giro en Terre Sainte semblait pourtant se présenter sous les meilleurs auspices lorsque le 18 septembre le directeur de l’épreuve Mauro Vegni annonçait qu’Israël accueillerait les trois premières étapes de la 101e édition.

Trois étapes étudiées avec soin, en étroite collaboration avec les ministères israéliens des Sports et du Tourisme, qui doivent mener les coureurs de Jérusalem à Eilat sur la mer Rouge, en passant par Haïfa au nord et Tel Aviv.

Afin de ne pas froisser les sensibilités politiques, le tracé évite scrupuleusement les territoires palestiniens occupés par Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Qualifié de joli coup médiatique et sportif par les observateurs – le Giro est le premier grand Tour à s’élancer hors d’Europe -, ce «Grand départ» rend aussi hommage à Gino Bartali, triple vainqueur de l’épreuve (1936, 1937, 1946), reconnu en 2013 «Juste parmi les Nations» à titre posthume par Yad Vashem, le mémorial de l’holocauste à Jérusalem, pour avoir sauvé des juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

Durcissement

«C’est un grand privilège de pouvoir accueillir un événement sportif aussi important. Nous invitons tous les passionnés du Giro à venir nous retrouver en Israël», s’était félicitée en septembre la ministre des Sports, Miri Regev.

«C’est une épreuve spectaculaire qui montrera les paysages spectaculaires d’Israël à des millions de spectateurs dans près de 200 pays», s’était réjoui son collègue du Tourisme, Yariv Levin.

Mais le ton s’est durci la semaine dernière après la présentation officielle du parcours du Giro à Milan, où les organisateurs ont fait référence à «Jérusalem-Ouest» comme ville de départ.

Une appellation rejetée avec force par les autorités israéliennes qui ont aussitôt menacé les organisateurs de rompre leur partenariat si elle était maintenue.

Elles estiment, en effet, que cette formulation implique une coupure de Jérusalem entre «Ouest» et «Est» alors que, pour elles, la ville forme un tout depuis qu’elle a été «réunifiée» avec l’annexion de Jérusalem-Est en 1967 qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale.

Revirement

Selon le quotidien Jerusalem Post, le coût pour Israël pour accueillir le grand départ du Giro est de l’ordre de 12 millions d’euros (14,4 millions de francs), dont quatre millions iraient à l’organisateur, le groupe RCS.

Une manne précieuse pour RCS, qui a très vite remplacé «Jérusalem-Ouest» par «Jérusalem», assurant que la première appellation n’avait aucune «valeur politique» et répondait à des considérations «purement techniques», la course partant de cette zone de la ville.

Un revirement qui, s’il a éteint une polémique, en a aussitôt allumé une autre, les Palestiniens accusant à leur tour le Giro de «se faire le complice de l’occupation militaire israélienne et de ses violations notables du droit international».

«J’espère que le Giro sera traité comme un événement sportif, également par les Palestiniens», a déclaré Mauro Vegni, assurant avoir suivi sur ce dossier le fil conducteur du ministère italien des Affaires étrangères. Contacté par l’AFP, le ministère italien n’a pas fait de commentaire.

A cinq mois du départ de l’épreuve, le quotidien italien «La Repubblica» annonçait mercredi un Giro «jamais vu», avec tous les ingrédients pour qu’il reste dans les mémoires: départ de Jérusalem, arrivée à Rome et présence du champion britannique Chris Froome, qui tentera de devenir le troisième coureur de l’histoire à détenir en même temps les trois Grands tours.

Un porte-parole de Mme Regev a catégoriquement démenti des informations selon lesquelles Chris Froome se serait vu proposer par l’Etat d’Israël une prime de 2 millions d’euros (2,33 millions de francs) pour être sur la ligne de départ.

(nxp/ats)





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