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Sport – Sans Behrami, mais avec qui ?

20 minutes - Sans Behrami, mais avec qui ?

Préparation à la Coupe du monde 2018: acte II sur IV. Mardi, à Lucerne (19h00), la Suisse recevra le Panama avec l’espoir de laisser une meilleure impression que vendredi en Grèce (1-0), histoire d’engranger des certitudes nécessaires à deux mois et demi du Mondial.

L’ouvrage du sélectionneur Vladimir Petkovic est toutefois délicat. Déjà parce qu’une équipe doit se comprendre comme un être à part entière, formé par tout un groupe dont les membres mettent à disposition de l’objectif commun des qualités footballistiques, des états de forme et de confiance ainsi que des situations personnelles en club très différentes selon les cas.

Puis parce qu’il faut toujours – et surtout ? – veiller aux ego, donner des signaux forts vers l’extérieur, trouver un équilibre. Facteurs inextricables qu’il s’agit de travailler dans leur globalité et leur interdépendance. «Nous voulons être flexibles, mais nous vouons aussi rester fidèles à nos principes», a éludé le Mister lundi en conférence de presse.

Difficile donc de prédire le système de jeu que Petkovic adoptera pour le coup d’envoi face au Panama, un adversaire qualifié pour la Coupe du monde à prendre au sérieux, malgré les statistiques de son amical au Danemark vendredi: 34% de possession seulement et 3 tirs contre 21. Au final, les Danois n’ont gagné que 1-0…

Si les essais effectués à Athènes n’ont pas été totalement convaincants, ils n’ont cependant pas empêché les Suisses de l’emporter chez les Grecs, ce qui ne va pas de soi. Le sélectionneur fera-t-il des heures supplémentaires dans son laboratoire grandeur nature, sachant qu’il n’a plus que trois tests avant de défier le Brésil en Russie et sachant aussi que, s’il peut compter sur Xherdan Shaqiri et Admir Mehmedi au Mondial, il retournera à son plus classique et maîtrisé 4-2-3-1 ?

Mais la tactique adoptée à Lucerne dépendra peut-être, plus pragmatiquement, des hommes que le Mister veut faire jouer. Ce ne sera pas le cas de Valon Behrami, rentré à Udine en raison d’une gêne musculaire. Resté sur le banc en Grèce, Johan Djourou devrait ainsi faire la paire avec Fabian Schär, lequel, tricard à La Corogne, a plus besoin que Manuel Akanji de minutes dans les jambes.

Certaine en revanche est la titularisation de Roman Bürki dans les buts, histoire de maintenir sous tension le portier de Dortmund, barré par Yann Sommer. «Oui, Roman jouera mardi», a confirmé le sélectionneur.

Il faudra aussi que Petkovic gère les échéances des individualités. La Juventus du capitaine Stephan Lichtsteiner en découdra avec le Real Madrid la semaine prochaine en Ligue des champions. L’Arsenal de Granit Xhaka n’a plus de point à perdre en Premier League et peut commencer de se dire que seule une épopée victorieuse en Europa League peut lui rouvrir les portes de la C1 la saison prochaine. Même ordre d’idée pour l’AC Milan de Ricardo Rodriguez, sorti par les Gunners en C3 et qui n’a plus d’autre option qu’un rush ébouriffant en Serie A qui doit débuter dès samedi chez… la Juve.

Quid, encore, de l’attaque ? Bon à Athènes, Haris Seferovic, oublié dans un placard du Benfica, sombrerait s’il ne jouissait plus de la confiance de Petkovic. Mais Josip Drmic n’a pas eu une seule minute à disposition vendredi, contrairement à un Mario Gavranovic qui, après une entrée remarquée, apprécierait sans l’ombre d’un doute une place de titulaire contre le Panama.

Complexe pesée des intérêts, individuels et collectifs, pour arriver à une symbiose des deux à la Coupe du monde. La vie d’un sélectionneur, en somme. Le quotidien des joueurs professionnels. D’autant plus alors que se profile une Coupe du monde.

(nxp/ats)





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