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Technologie – Google Maps passe au payant pour les pros

20 minutes - Google Maps passe au payant pour les pros

Google Maps est devenu payant pour les entreprises, une petite révolution qui réveille un marché de la cartographie sur internet longtemps anesthésié par la quasi-gratuité des services du géant américain.

En mai, «j’ai reçu un coup de fil de Google Irlande», raconte Stephen Bousquet, créateur et animateur du site calculitineraires.fr utilisé par les randonneurs et les cyclistes pour préparer leurs circuits.

Avec les nouveaux tarifs du géant américain, la facture du site allait passer «de moins d’une centaine d’euros par mois à un peu plus de 5000 euros», et tout cela avant l’été 2018, explique-t-il. «J’ai passé quelques nuits blanches» pour trouver une solution, raconte-t-il.

Depuis son arrivée il y a une douzaine d’années, Google Maps a acquis une domination écrasante sur le marché de la cartographie pour les sites internet. Celle-ci permet par exemple aux sites de réservation en ligne d’afficher la localisation d’un hôtel ou aux chaînes de magasins de situer leur site le plus proche de l’internaute.

En proposant gratuitement ses services, puis en ne faisant payer que les très gros consommateurs, Google Maps a évincé des concurrents qui jusqu’à son arrivée faisaient payer pour leurs services, dont Viamichelin et Mappy.

Mais le groupe américain vient de renverser la table en abaissant considérablement le seuil de tarification et en augmentant fortement ses prix.

Depuis le 16 juillet, les cartes dynamiques (qui permettent par exemple à l’utilisateur de zoomer) sont payantes à partir de 28’000 téléchargements par mois, alors que le seuil était jusqu’à maintenant de 25’000… par jour.

Et le prix par carte dynamique téléchargée est désormais de 7 dollars pour 1000 téléchargements, contre 0,50 dollar auparavant, soit une multiplication par 14 du tarif.

«Nous professionnalisons nos produits, c’est un repositionnement de notre offre», affirme-t-on chez Google pour expliquer cette forte hausse de prix. «Et nous offrons un coupon de 200 dollars», c’est-à-dire que la facture ne devient exigible qu’à partir de ce montant, ajoute-t-on de même source.

La concurrence réveillée

L’annonce de Google a provoqué un afflux de demandes chez les quelques concurrents qui avaient réussi à subsister sur des marchés de niche et peuvent à nouveau rêver de retrouver des marchés plus importants.

«Nous sommes en lien avec une cinquantaine de clients» de Google Maps «qui nous consultent», indique Dorothée Mani, directrice générale de la PME Evermaps. «Nous avons déjà fait muter Leader Price et Gites de France».

«Nos offres permettent des différences de prix entre 35% et 65% en notre faveur», affirme-t-elle. Effet visible aussi chez Mappy, filiale du groupe SoLocal (ex-Pages Jaunes), à nouveau sollicité sur ce marché.

«Google avait tué tous les acteurs, donc ce n’était plus une priorité pour nous», explique Bruno Dachary, directeur général de Mappy. «Ce n’est pas une avalanche, mais il y a un courant d’affaires».

La décision de Google fait aussi tourner les regards vers OpenStreetMap, un projet associatif mondial de constitution de données cartographiques accessibles à tous, qui devient du coup un acteur clef du secteur.

Une hausse «trop brutale»

Avec ses données gratuites, OpenStreetMap alimente des entreprises de services de cartographie, qui vont pouvoir désormais revenir sur le marché et concurrencer Google Maps.

«Quand Google Maps est à 7 dollars les 1000 cartes dynamiques téléchargées, nous sommes à 50 centimes», se réjouit ainsi Loic Ortola, directeur technique de Jawg maps, qui s’approvisionne en données de base chez OpenStreetMap.

En fait, «on revient dans l’ordre normal des choses», estime Benoit Fournier, un bénévole français d’OpenStreetMap: la donnée de base est gratuite mais le service apporté par les entreprises qui la travaillent «est payant».

Stephen Bousquet, animateur de calculitineraires.fr, utilise désormais les données d’OpenStreetMap, avec une qualité de service pour l’usager qui reste cependant inférieure pour l’instant à celle dont il disposait avant avec Google Maps. En veut-il au géant américain de l’avoir ainsi laissé choir ?

Google Maps est passé au payant «de manière trop brutale et trop rapide», critique-t-il. Mais Google et son service quasi-gratuit «m’ont bien rendu service, en me permettant de développer mon site» reconnaît-il.

(nxp/ats)





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