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Travailler son périnée avec un œuf de yoni, bonne ou mauvaise idée ?

Travailler son périnée avec un œuf de yoni, bonne ou mauvaise idée ?

Un œuf de yoni est un œuf en pierre précieuse ou semi-précieuse, poli et de forme ovoïde. Le terme « yoni », issu du sanskrit (langue ancestrale indo-européenne), désigne le sexe de la femme dans sa globalité. Il est aussi appelé « œuf énergétique » en référence aux effets des différentes pierres sur le corps dans une pratique de lithothérapie. Nous allons ici nous intéresser à l’utilisation de l’œuf comme objet de travail pour le périnée avec Lilou Macé, auteur du livre « L’œuf de yoni, le féminin révélé et libéré », et Marlène Barlier, sage-femme en cabinet libéral à Vanves (92).

Qu’est-ce que le périnée et à quoi sert-il ?

« Le périnée est l’ensemble des muscles du plancher pelvien. Son rôle est de soutenir les organes du petit bassin. Une de ses grandes fonctions est d’assurer la continence (urinaire, anale). Il intervient également dans la notion de plaisir sexuel », explique la sage-femme.

Au cours de la vie d’une femme, le périnée est mis à rude épreuve. Sports, grossesses, accouchements, mauvaises postures… Ce muscle s’affaiblit. Cela peut entraîner des incontinences, une sécheresse vaginale, une baisse de libido, des douleurs pelviennes voir favoriser les descentes d’organes. « Fort heureusement, le périnée se retonifie très rapidement si on le fait travailler », rassure Marlène Barlier.

Pourquoi faire travailler son périnée avec l’œuf ?

Pour Lilou Macé, l’utilisation première de l’œuf est de pallier une perte de tonicité vaginale. Mais pas que ! « Muscler son périnée permet aussi de favoriser le plaisir sexuel. Un périnée tonique permet aux deux partenaires d’éprouver plus de plaisir lors des rapports. Je précise toutefois que l’œuf n’est pas un sex-toy ! ». Autre avantage selon l’auteure, l’œuf de yoni peut permettre à la femme de mieux connaître son corps. Marlène Barlier et Lilou Macé se rejoignent : beaucoup de femmes ne savent pas qu’elles ont ce « plafond », et certaines pensent même que l’œuf va s’échapper dans leur corps, rajoute l’auteure.

Enfin, l’œuf de yoni peut aider à la préparation à l’accouchement. « Lors de l’accouchement, la femme devra relâcher son périnée au maximum afin de pouvoir laisser passer son bébé. Si on considère que ce type d’accessoires peut permettre d’obtenir un périnée plus élastique, alors oui cela peut aider », confirme la sage-femme. Selon elle, tout dépend des exercices que l’on pratique avec. « Si c’est uniquement la contraction du périnée qui est enseignée, en demandant aux femmes de bloquer le périnée pour retenir l’œuf, alors ça ne sera peut-être pas l’idéal pour l’accouchement ». En effet, avoir un périnée trop tonique et musclé pourrait, à l’inverse, entraîner des contractions réflexes lors de la venue du bébé.

Trois mois après l’accouchement, l’œuf peut également venir en renfort lors de la rééducation du périnée (pratiquée avec un kinésithérapeute et/ou sage-femme, spécialisé si possible). « Si le périnée est très distendu, il est possible que même la plus grande taille d’œuf (il en existe 3) ne tienne pas dans le vagin. On peut alors faire les exercices en position allongée le temps que ça se retonifie », explique l’auteure. Pour elle, l’œuf est avant tout un accompagnateur et n’est pas là pour remplacer une vraie rééducation périnéale, indispensable à toutes les jeunes mamans. Dans le cadre de sa profession, Marlène Barlier utilise les boules de Geisha. « Pour l’instant, nous ne conseillons pas la pratique de l’œuf car ce n’est pas quelque chose de très répandu et qu’il n’existe pas de littérature scientifique sur le sujet ».

Quelles différences avec les boules de geisha ?

Les deux objets ne sont pas fabriqués dans les mêmes matériaux. Les boules de geisha sont le plus souvent faites en plastique ou silicone. Ensuite, la structure n’est pas la même. Les boules de geisha, de forme sphérique, contiennent une bille qui se déplace en fonction des mouvements du corps, ce qui crée des vibrations. Concernant la taille et le poids, ces deux objets sont assez similaires. Dans les deux cas, il est possible de rajouter des petits poids, mais ce n’est pas une pratique que recommande la sage-femme : « S’il y a trop de poids, la femme va être obligée de bloquer son périnée pour retenir les accessoires. Alors que le but est d’obtenir un périnée élastique, tonique et dynamique ». « Que ce soit pour les œufs de yoni ou les boules de geisha, il faut encourager les femmes à se documenter ou consulter un kiné ou une sage-femme pour qu’elles puissent les utiliser au mieux et être le plus efficace », insiste Marlène Barlier.

Comment utiliser l’œuf de yoni ?

Dans un premier temps, il faut choisir la taille de l’œuf : petite, moyenne, ou grande. Lilou Macé recommande de commencer avec le moyen. « Le petit est plus pour les périnées déjà toniques, afin de travailler à la libération des tensions, et le grand est plus utilisé par les femmes ayant eu des enfants par voies naturelles ». Ensuite, certaines précautions sont à prendre avant de se lancer dans la pratique de l’œuf de yoni. « Déjà, il faut prendre du temps avec son œuf, se sentir prête avant de se décider à l’insérer. Il ne faut pas l’utiliser lorsque l’on vient d’accoucher, pendant les règles et si l’on a des cicatrices ou des douleurs lors de l’insertion » détaille l’auteure. « Par ailleurs, ces douleurs peuvent permettre de révéler des problèmes comme un fibrome par exemple, c’est l’une des nombreuses utilités de l’œuf », ajoute-t-elle.

L’hygiène est également très importante. Il faut bien le nettoyer avec du savon et le sécher avec une serviette propre et avoir également les mains propres. « Les œufs sont polis, il n’y a donc pas de porosités dans lesquels les bactéries peuvent s’insérer », rassure Lilou Macé, elle-même pratiquant l’œuf de yoni depuis 3 ans. Elle ne conseille pas de le porter toute la journée ou toute la nuit et surtout pas au début. « On va l’insérer, faire ses exercices, puis le retirer et recommencer le lendemain ou le surlendemain. Les phases de repos sont très importantes », détaille-t-elle. « Dans mon livre, qui est le tome 1, je ne parle vraiment que des premiers pas. Il n’y a pas de risque de faire quelque chose de travers, il suffit d’écouter son corps ».





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