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Une enquête dénonce un contrôle insuffisant des implants médicaux

Une enquête dénonce un contrôle insuffisant des implants médicaux

Les incidents sont de plus en plus nombreux. Une enquête internationale réalisée par 59 médias et publiée ce dimanche 25 novembre alerte sur la multiplication des défaillances liées aux implants, que ce soient des prothèses mammaires, de hanche, d’épaule ou de genoux, des stents, des valves, des pacemakers ou des pompes à insuline. Dans le cadre du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), les 250 journalistes de 36 pays dénoncent des lacunes dans le contrôle de ces implants médicaux en Europe.

En France, 158 000 incidents en 10 ans

Baptisée « Implant Files », l’étude montre que le nombre d’incidents augmente partout dans le monde, témoigne Le Monde. Aux États-Unis, ces derniers auraient causé 82 000 morts et 1,7 million de blessés en dix ans, d’après un recueil de déclarations. Selon les estimations de l’ICIJ, ils auraient ainsi été multipliés par cinq. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) enregistre les signalements. Avec plus de 18 000 cas en 2017 et environ 158 000 incidents en dix ans, le nombre d’incidents aurait doublé sur cette période.

Mais pour la plupart des pays, les données restent incomplètes et souvent confidentielles. Les problèmes liés aux implants sont donc difficiles à quantifier et identifier, expliquent les journalistes. Alors qu’en France, les professionnels de santé doivent déclarer les incidents aux autorités, l’obligation ne serait que peu respectée. Seuls 1 à 10 % des effets indésirables seraient par ailleurs recensés.

Il est ainsi impossible de retrouver les patients qui ont fait face à des problématiques, ou de connaître la marque et le modèle des implants. Les enquêteurs dénoncent d’ailleurs la facilité avec laquelle les fabricants peuvent obtenir le « marquage CE », permettant de commercialiser leurs dispositifs en Europe. Il leur suffit de le demander auprès d’un organisme certificateur privé de leur choix, qu’ils rémunèrent.

« Une zone d’ombre et d’inquiétude »

Les dispositifs médicaux représentent « une zone d’ombre et d’inquiétude », a reconnu la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Interrogée dans un reportage de Cash Investigation diffusé ce soir sur France 2, elle estime que la catégorie des implants « est insuffisamment régulée, c’est une zone d’inquiétude pour la ministre que je suis ». Lorsque les implants ne respectent pas les normes sanitaires en vigueur, ils peuvent engendrer de fortes douleurs, ou pire être la cause de cancers.

Interrogée par France Inter ce mardi 27 novembre, la ministre a néanmoins souligné vouloir « rassurer les Français, parce que face à ce scandale européen, [le risque] n’est pas équivalent dans tous les pays », avant d’ajouter : « La France avait mis en place énormément de choses, par exemple l’obligation d’enregistrer tous les dispositifs médicaux depuis vingt ans. Nous sommes quasiment le seul pays en Europe à avoir une évaluation pratiquement de tous les dispositifs médicaux implantables depuis des années ».

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