vendredi , 23 août 2019
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6,4 millions de Français boiraient de l'eau contaminée au tritium


6,4 millions. C’est le nombre de personne en France potentiellement touchées par une contamination de l’eau potable au tritium, selon l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO). Dans un communiqué publié ce mercredi 17 juillet et repris par Le Monde, le laboratoire basé dans l’agglomération de Caen dénonce des valeurs trop élevées de ce polluant dans l’eau du robinet, d’après des "données fournies par le ministère de la Santé".

Seuils à ne pas dépasser

"Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L (becquerel par litre) instauré par les autorités sanitaires", est-il néanmoins précisé. Cette référence ne représente pas une limite sanitaire, mais un seuil à ne pas dépasser. Dans lequel cas, des études doivent être menées pour "caractériser la radioactivité de l’eau", selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande quant à elle "une valeur guide de 10 000 Bq/L pour le tritium dans l’eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l’eau". EDF fait ainsi valoir que "la quantité de tritium dans l’eau du robinet est 170 fois au-dessous de la valeur à ne pas dépasser fixée par l’OMS". L’entreprise, interrogée par Le Canard enchaîné, assure respecter les seuils des rejets radioactifs.

Le tritium, un "lanceur d’alerte"

Mais pour l’ACRO, la présence de ce polluant rejeté par les centrales nucléaires met en évidence un risque de contamination par d’autres substances. Les entreprises sont autorisées à rejeter une partie de l’eau issue des installations industrielles. Le tritium représenterait 99,95 % de ces déchets, fait savoir Le Canard Enchaîné.

"Le tritium est un ‘lanceur d’alerte’ : en cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable", explique le journal. La carte publiée par l’association pointe ainsi un risque pour près de 268 communes, dont Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes et 122 communes d’Île-de-France.

"Les autorités acceptent, pour les polluants radioactifs, des niveaux de risque cancérigène plus de 100 fois supérieurs au maximum toléré pour les cancérigènes chimiques", alerte aussi la Criirad, autre laboratoire associatif travaillant sur le nucléaire interrogé par l’AFP. "La limite applicable à une contamination durable par le tritium ne devrait pas dépasser 10 à 30 Bq/L", conclut-elle.

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