jeudi , 22 août 2019
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À l’échelle mondiale, 1 décès sur 5 est associé à une mauvaise alimentation

Une étude révèle que un décès sur cinq en 2017 dans le monde était associé à une mauvaise alimentation, les maladies cardiovasculaires étant le facteur le plus important, suivi des cancers et du diabète de type 2. En cause principalement, un régime alimentaire trop riche en sel et trop pauvre en grains entiers et en fruits.


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Si une alimentation saine aide à se protéger contre toutes formes de maladies non transmissibles parmi lesquelles le diabète, les cardiopathies, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer, une mauvaise alimentation et le manque d’exercice physique sont les principaux risques pour la santé à l’échelle mondiale. Une nouvelle étude publiée dans la revue médicale The Lancet le confirme : elle affirme que 11 millions de décès et 255 millions de vies en bonne santé écourtées étaient attribuables à des facteurs de risque alimentaires en 2017. Un apport élevé en sel, un faible apport en céréales complètes et un faible apport en fruits sont les principaux excès et carences relevés par les scientifiques.

Leurs travaux ont consisté à évaluer la consommation des principaux aliments et nutriments dans 195 pays et quantifié l’impact des mauvaises habitudes alimentaires sur la mortalité résultant de maladies non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires et diabète) entre 1990 et 2017. Le constat est sans appel : les populations de presque toutes les régions du monde devraient bénéficier d’un rééquilibrage alimentaire afin de consommer de meilleures quantités de divers aliments et nutriments. Les déficits les plus importants ont été constatés pour des aliments tels que les fruits, les noix et les graines tandis que les boissons sucrées, la viande transformée et le sodium étaient trop consommés.

Une mauvaise alimentation, le premier facteur de risque pour tout le monde

Les scientifiques émettent aussi une conclusion plus étonnante, à savoir que parmi les 15 éléments diététiques pris en compte (régimes pauvres en fruits, légumes, légumineuses, grains entiers, noix et graines, oméga-3…), une consommation insuffisante d’aliments sains a causé plus de décès dans le monde qu’une consommation excessive d’aliments malsains. « Cette étude confirme ce que beaucoup pensent depuis des années : une mauvaise alimentation est responsable de plus de décès que tout autre facteur de risque dans le monde », explique le Dr Christopher Murray, principal auteur de l’étude et directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’université de Washington.

Ces chercheurs ont comptabilisé 10 millions de décès dus à une maladie cardiovasculaire, 913 000 décès par cancer et près de 339 000 décès dus au diabète de type 2 survenus en 27 ans. Par ailleurs, le nombre de décès liés au régime alimentaire a augmenté de 8 millions sur cette période, mais cette hausse est principalement liée à l’augmentation de la population et de son vieillissement. Sans compter qu’aucune région du monde ne peut être prise en exemple car l’étude révèle non seulement qu’aucune d’entre elles ne consomme la totalité des 15 éléments diététiques pris en compte, mais pratiquement aucun de ces facteurs alimentaires n’est consommé en quantités suffisantes dans les 21 régions recensées.

Quels pays s’alimentent le mieux ?

Ainsi, la population mondiale ne consomme en moyenne que 12% de la quantité recommandée de noix et de graines (environ 3 g en moyenne par jour, contre 21 g par jour) mais boit environ dix fois la quantité recommandée de boissons sucrées (49 g en moyenne par rapport à 3 g recommandés). A l’échelle nationale il a été en revanche possible d’établir un classement des pays les plus « sains » soit lorsque les taux de décès liés au régime alimentaire sont les plus bas : Israël, France, Espagne, Japon et Andorre. A l’inverse, l’Ouzbékistan, l’Afghanistan, les Îles Marshall, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu sont les pays où les taux de décès liés au régime alimentaire sont les plus élevés.

Au vu de constat, les chercheurs affirment que cela met en évidence l’importance de coordonner les efforts au niveau mondial pour améliorer le régime alimentaire, grâce à une collaboration avec divers secteurs du système alimentaire et à des politiques favorisant un régime équilibré. Fait important, ils notent que « ces changements doivent être sensibles aux effets environnementaux du système alimentaire mondial afin d’éviter des effets néfastes sur le changement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation des sols et l’épuisement des eaux douces. » A noter que les Etats membres de l’OMS ont déjà convenu de réduire de 30 % la consommation de sel de la population mondiale.

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