lundi , 22 juillet 2019
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À Philadelphie, la taxe soda efficace pour lutter contre l'obésité


À Philadelphie, ville du nord-est des États-Unis, plus de 68 % des adultes et 41 % des enfants sont en surpoids ou obèses. Depuis le 1er janvier 2017, l’agglomération tente donc de lutter contre ce problème de santé publique, à travers une taxe soda. Après Berkeley, elle est la deuxième ville du pays à l’expérimenter. Chaque boisson sucrée se voit ainsi prélever 1,5 cent par once (28 mL). Une décision qui porte ses fruits, puisqu’un an après le début du test, les ventes ont fortement chuté. C’est ce que révèle une étude publiée dans le JAMA ce mardi 14 mai.

Une stratégie efficace

Pour mesurer l’impact réel de la mesure sur les ventes de boissons sucrées ou dites « light », les chercheurs ont comparé les données de l’année précédant son entrée en vigueur et celle d’après. Les chiffres de 291 magasins (54 supermarchés, 20 commerces de gros, et 271 pharmacies) de Philadelphie, des communautés voisines et de Baltimore – qui ne connaît pas la taxe – ont été analysés. L’étude ne s’est toutefois pas penchée sur les habitudes de consommation des habitants, ni sur de potentiels effets sur leur santé.

Entre 2016 et 2017, les scientifiques ont ainsi observé une baisse de 51 % des ventes, contre 2,3 % à Baltimore. En banlieue au contraire, elles ont augmenté de 43 %. Les gens se sont donc déportés pour faire leurs achats. Mais finalement, la diminution globale des achats de sodas dans la région a chuté de 38 %. Cela représente près de 83 millions de canettes en moins. Selon les auteurs de l’enquête, il semblerait par ailleurs que les acheteurs n’ont pas non plus opté pour d’autres boissons non taxées ou des sirops pour remplacer leurs produits habituels.

« Taxer les boissons sucrées est l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire leur consommation. C’est une évidence de santé publique et une politique gagnant-gagnant, qui permet d’améliorer à long terme la santé des habitants », commente Christina A. Roberto, professeur au sein de l’École de médecine Perelman de l’Université de Pennsylvanie ayant participé à l’étude. Les recettes apportées par la taxe ont été réinvesties dans les écoles maternelles et primaires, ainsi que dans les parcs.

Et en France ?

De l’autre côté de l’Atlantique, dans l’Hexagone, une taxe soda existait depuis 2013 à raison de 7,53 euros par hectolitres de boisson sucrée (soit 2,48 centimes par canette). La formule n’incitait pas les industriels à lever le pied. Pour pallier cela, un amendement a été voté en 2018. Désormais, plus il y a de sucre, plus le consommateur paie. En dessous de 5 g pour 100 mL, la boisson n’est plus taxée. À partir de 5 g pour 100 mL, l’ancienne taxe est multipliée par deux. Au-dessus de 8 g, par trois.

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