lundi , 22 juillet 2019
Accueil » Actualité » acculés, les combattants de Daesh proches de la reddition

acculés, les combattants de Daesh proches de la reddition


Elle a fait plus de 360.000 morts et des millions de réfugiés. La guerre en Syrie est loin d’être terminée mais la bataille contre Daesh, elle, est en passe d’être gagnée. A Baghouz, hameau de la province de Deir ez-Zor près de la frontière irakienne, Daesh est désormais acculé sur une zone d’un demi-kilomètre carré, l’équivalent de la taille du Vatican. Mardi, trois frappes aériennes et des bombardements à l’artillerie ont continué d’affaiblir ce réduit.

« Dans quelques jours, nous allons annoncer la victoire contre la plus grande organisation terroriste qui a fait la guerre au monde entier, et semé le chaos et la mort », a indiqué un haut responsable des Forces démocratiques syriennes (FDS).

« Se rendre ou être tués au combat »

A Baghouz, les combattants de Daesh ne tiennent plus que quelques pâtés de maisons où ils sont retranchés dans des tunnels au milieu d’un océan de mines enfouies pour entraver l’avancée des FDS. Mais même poussés dans leurs retranchements, les jihadistes détiendraient encore plus de mille civils.

Combat au sol, attaques kamikazes… Les derniers combattants luttent avec acharnement. Alors, par précaution, les forces arabo-kurdes avancent maison par maison, et tentent lentement d’isoler les civils pour les évacuer avant de donner l’assaut.

Les jihadistes n’ont le choix que de « se rendre ou d’être tués au combat », avertit un porte-parole des FDS, Mustefa Bali. D’ores et déjà, « des dizaines de civils et quelques combattants se sont rendus aux Forces démocratiques syriennes », assure Adnane Afrine, porte-parole des FDS. Parmi eux « des étrangers, mais leurs nationalités n’ont pas encore été déterminées », ajoute-t-il.

Le « cauchemar est fini »

En 2014, Daesh avait conquis de vastes territoires en Syrie et en Irak, proclamant un « califat » sur un territoire vaste comme le Royaume-Uni. Les jihadistes y avaient établi leur propre administration. Ils exécutaient et torturaient ceux qui ne respectaient pas leur loi et fomentaient des attentats meurtriers, y compris à l’étranger. Après de multiples offensives distinctes lancées en Syrie et en Irak, leur territoire s’est réduit comme peau de chagrin. Le « cauchemar est fini », s’est félicité par avance Dino, 26 ans, combattant des FDS sur le terrain dans l’est syrien.

« On a sauvé les gens. Les premières batailles étaient difficiles. On ne connaissait pas bien l’ennemi, maintenant on le connait intimement ».

En sortant du réduit jihadiste, les hommes soupçonnés d’appartenance à Daesh sont gardés dans des centres de détention. Les civils, dont les femmes et les enfants de jihadistes, sont transférés vers des camps de déplacés dans le nord syrien. Des centaines d’étrangers, arrêtés au fil des batailles, sont toujours retenus par les forces kurdes. Le président américain Donald Trump a exhorté les pays européens, réticents sur la question du retour des étrangers de Daesh, à rapatrier leurs ressortissants en Syrie. Mais Londres, Berlin et Bruxelles ont rétorqué qu’un tel retour n’était pas à l’ordre du jour.

Retour en France de 130 jihadistes?

En France, la question n’a pas encore « été tranchée », a affirmé Nicole Belloubet sur le plateau de BFMTV. Après l’annonce du départ des troupes américaines de la zone de conflit, la France, notamment par l’intermédiaire de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense désormais aux Affaires étrangères, a émis le souhait de rapatrier la centaine de Français engagés auprès de Daesh et détenus en Syrie et en Irak – parmi lesquels se trouvent entre 70 et 80 enfants.

Le gouvernement craint de les voir s’évanouir dans la nature, profitant de l’instabilité de la région. Mais face à la levée de boucliers contre ces retours, la garde des Sceaux a garanti qu’aucune décision n’avait encore été prise.

« Nous devons nous assurer que la sécurité des Français, en toute hypothèse, est assurée. » 




Retrouvez cet article sur : BFM-TV

A lire aussi: