dimanche , 27 septembre 2020
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« A 15 ans, ma fille se prostitue »: Zone Interdite enquête sur la prostitution des mineures

FRANCE – Le magazine de M6 “Zone Interdite” propose ce dimanche soir une enquête édifiante sur le phénomène en pleine expansion de la prostitution d’adolescentes, avec des témoignages glaçants de victimes et de parents désemparés.

L’émission présentée par Ophélie Meunier retrace le parcours de jeunes filles tombées dans la prostitution, attirées par l’argent facile, comme Amandine qui a commencé à 15 ans, ou Stella, qui a débuté encore plus tôt. Elles nous racontent les codes de ce marché illégal mais bien rôdé, s’exprimant face caméra, le visage simplement flouté à l’écran. Un extrait vidéo exclusif est à découvrir en tête de cet article.

Les réseaux sociaux servent généralement de déclencheur ou en tout cas de facilitateur : les proxénètes les utilisent pour repérer et contacter de nouvelles recrues, aguicher les clients et organiser en quelques clics les passes, souvent sous couvert d’“escorting”.

Violence, coups, addictions, le reportage de 90 minutes réalisé par Clarisse Verrier revient sur les traumatismes vécus par ces jeunes filles.

Beaucoup peinent paradoxalement à se considérer comme des victimes, aveuglées par les centaines voire milliers d’euros qu’elles peuvent gagner en une soirée, ou fascinées par ce qu’elles considèrent comme un tremplin pour devenir des stars de la téléréalité.

Bien que la prostitution des mineurs soit interdite depuis 2002, le phénomène connait une croissance exponentielle. Dans le Val-de-Marne, les dossiers transmis à la justice sont passés de 14 en 2016 à 46 en 2019, soit un triplement en quelques années. Et contrairement aux idées reçus il touche des adolescentes de tous milieux, qui seraient 6.000 à 10.000 en France.

L’émission relate aussi le désarroi et la détresse des parents qui se sentent démunis face à ce trafic d’êtres humains, et leur combat auprès des autorités pour durcir la lutte.

Le reportage souligne par ailleurs la difficulté des autorités à intercepter les réseaux de prostitution, et surtout à convaincre les jeunes filles de coopérer. Une étape indispensable dans la plupart des cas pour arriver à faire condamner les souteneurs, qui voient dans le proxénétisme une activité moins risquée que le trafic de drogue.

Et des juristes, avocats, psychologues, associations sont interrogés pour mieux comprendre la situation des victimes qui peuvent s’enfermer dans le déni et mettre des années à s’en sortir.

“J’ai peur de moi-même, de ce que je peux faire”, raconte l’une de ces jeunes filles, qui craint de replonger dans la prostitution, au risque d’y perdre un jour la vie.




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