dimanche , 13 décembre 2020
Accueil » Actualité » à Charleroi, les cimetières sont saturés de victimes du Covid-19

à Charleroi, les cimetières sont saturés de victimes du Covid-19


Au total, la commune doit procéder à 7000 exhumations afin de récupérer de la place pour les victimes du coronavirus. En Belgique, la deuxième vague a été encore plus violente que la première.

Lors de la première vague, les carnets de décès des journaux avaient été inondés d’avis de victimes du coronavirus. Pour la deuxième, un autre effet collatéral a été observé à Charleroi, en Belgique: la saturation des cimetières. Les autorités locales ont été contraintes d’exhumer des milliers de dépouilles, afin de faire de la place pour les victimes du Covid-19.

1ère province à battre le pic de la 1ère vague

La commune belge compte 201.939 Carolos (selon les chiffres de 2019) et pas moins de 25 cimetières. Mais comme dans le reste du pays, la ville a été touchée de plein fouet par la deuxième vague. Le Hainaut, la province où se situe Charleroi, a été la première à dépasser le pic de la première vague, dès la fin du mois d’octobre, rappelle Le Soir. En conséquence, les cimetières ont assisté à une saturation de leurs places.

« Sur sept mois de temps, c’est incroyable », confirme à BFMTV un habitant, Mario qui a perdu son épouse du coronavirus en avril.

L’homme a constaté que pas moins de 11 tombes étaient venues se greffer à celle de sa femme depuis le printemps.

Un déficit de fossoyeurs

La forte mortalité liée au coronavirus a en effet contraint la ville à faire des exhumations pour récupérer 7000 emplacements. Sur les tombes ont été accrochées des affichettes à l’intention des familles, qui ont ensuite un an et un jour pour s’y opposer.

La ville est d’autant plus en difficulté qu’elle manquait encore jusqu’à la rentrée de fossoyeurs – les employés en charge de creuser les fosses dans les cimetières. D’après La Libre, Charleroi devait donc embaucher rapidement une soixantaine de personne pour faire face à la hausse des inhumations dû à l’épidémie.

Les dépouilles stockées chez les pompes-funèbres

Mais la saturation des cimetières a aussi compliqué le travail des pompes funèbres. Pendant six semaines, jusqu’au 15 novembre, les pompes funèbres n’ont pas pu inhumer les corps des défunts qui n’avaient pas de concession au cimetière. Les pompes funèbres ont dû conserver les corps dans des chambres froides.

« C’est délicat, vous devez prendre beaucoup de pincettes pour parler à la famille, leur faire comprendre que la situation est inédite, » indique à BFMTV Laetitia Bertinchamps, responsable des pompes funèbres Bertinchamps, avant d’ajouter: La ville avait aussi mis en place des caveaux d’attente, mais les places sont très restreintes. »

La Belgique est le pays européen le plus touché par la pandémie, avec 109 morts et 2163 nouvelles contaminations par jour selon le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, dans des propos rapportés par la RTBF ce lundi. Si les autorités sanitaires observent que « le nombre d’infections diminue de 50% », elle estiment que le seuil des 800 cas par jour « s’éloigne encore un peu plus de nous. »

Esther Paolini Journaliste BFMTV


Retrouvez cet article sur : BFM-TV