mercredi , 23 octobre 2019
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À Rouen après Lubrizol, 2.000 personnes défilent devant la mairie

CATASTROPHE – Un sentiment d’abandon dans les fumées chimiques. Environ 2.000 personnes selon la CGT et une source policière ont manifesté mardi 1er octobre au soir à Rouen, pour dénoncer le groupe chimique et l’attitude des pouvoirs publics soupçonnés de “cacher la vérité” sur les conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol, jeudi 26 septembre, ainsi que le montre la vidéo en tête d’article.

“Nos enfants en danger” ou “le préfet doit sauter”, scandaient les manifestants partis du palais de justice en fin d’après-midi avant de rejoindre la préfecture de Normandie, qui a publié dans la soirée sur son site internet la liste des produits qui ont brûlé dans l’incendie.

 Registre des cancers

“J’habite à 15 mètres de Lubrizol, on est laissé à l’abandon. Personne n’est venu nous voir pour nous dire d’évacuer”, s’est plainte auprès de l’AFP Camille, 28 ans. “On est venu pour se sentir moins seuls dans notre désarroi”, a assuré Aline, une intervenante sociale de 40 ans venue manifester avec son fils de neuf ans.

“On va demander au préfet une expertise indépendante, le recensement des populations et des travailleurs exposés, un registre des cancers parce qu’ils vont arriver les cancers. Vous sentez cette odeur qui descend à la tombée de la nuit? Quand il y a odeur il y a des composants” polluants, a lancé face aux caméras Gérald Le Corre, de la CGT de Seine-Maritime.

“Rouen n’est pas confiante, elle respire de l’amiante”, était-il écrit sur une pancarte posée aux pieds d’une manifestante vêtue d’un ciré jaune pour se protéger de la pluie. D’autres manifestants, en combinaison blanche, brandissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: “marre de se faire enfumer, rendez-nous notre air normalement pollué”. Certains portaient des masques.

“Une usine chimique qui brûle sans toxicité c’est comme une tarte aux fraises sans les fraises?”, ironisait une autre pancarte au-dessus de la foule compacte. “Ils cachent la vérité, à nous tous d’enquêter”, indiquait une autre affiche tenue à bout de bras par une manifestante, tandis que sur d’autres on pouvait lire: “gouvernement gênant et nocif” ou encore “soutien aux jardiniers, petits producteurs et agriculteurs”.

“Des humains mazoutés”

Près d’une centaine de personnes se sont également rassemblées dans la soirée devant la préfecture de Lille pour réclamer “toute la vérité”. “Aujourd’hui, nous voulons la vérité sur ce qui a été brûlé sur le site et la composition du panache de fumée”, a assuré Mélissa Camara, une militante EELV dont une partie de la famille vit à Rouen.

“Pour la première fois, des humains mazoutés”, “soutien aux rouennais”, “Hauts-de-France, deuxième région Seveso: 156 sites”, était-il écrit sur des pancartes brandies par les manifestants.

Depuis l’accident, le gouvernement multiplie les propos rassurants et promet la “transparence” mais sans convaincre. Des habitants inquiets se plaignent toujours de nausées et vomissements.  




Première apparition