mardi , 17 septembre 2019
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Ahmet Davutoglu, ex-Premier ministre d’Erdogan, va créer un mouvement rival en Turquie


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Ahmet Davutoglu, ancien Premier ministre de Recep Tayyip Erdogan, a annoncé vendredi sa démission du parti du président et la création prochaine d’une formation politique rivale de l’AKP.

L’un des piliers du parti au pouvoir en Turquie, Ahmet Davutoglu, a annoncé vendredi 13 septembre lors d’une conférence de presse sa démission du parti islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, l’AKP, ainsi que la création prochaine d’une formation politique rivale.

« Cela relève de notre responsabilité historique et notre devoir envers la nation (..) de créer un nouveau parti politique », a déclaré Ahmet Davutoglu, 60 ans, qui avait été Premier ministre du président turc entre 2014 et 2016 avant d’être évincé. « Je démissionne du parti au sein duquel j’ai servi avec honneur et auquel j’ai consacré beaucoup d’efforts pendant des années », a-t-il ajouté.

Lorsqu’il avait quitté son poste, Ahmet Davutoglu avait juré de ne jamais critiquer Recep Tayyip Erdogan en public, mais il a rompu son silence en juillet en accordant une interview fleuve dans laquelle il a notamment accusé l’AKP d’avoir dévié de ses objectifs et déploré sa décision d’exiger un nouveau scrutin à Istanbul après l’avoir perdu de justesse en mars au profit de l’opposition.

Lors d’une nouvelle élection en juin, le candidat du parti au pouvoir avait subi une lourde défaite.

« Consolider le vote AKP dissident »

Le comité exécutif de l’AKP avait décidé à l’unanimité début septembre de renvoyer l’ex-Premier ministre devant une commission disciplinaire en vue de son expulsion. En annonçant sa démission, Ahmet Davutoglu a qualifié la décision des instances dirigeantes de l’AKP de « très grave » et « pas en phase » avec les principes fondateurs du parti.

L’annonce d’Ahmet Davutoglu survient alors que d’autres personnalités de premier plan comme l’ancien président Abdullah Gül et l’ancien vice-Premier ministre, Ali Babacan, tous deux membres fondateurs de l’AKP, ont eux aussi pris leurs distances avec Recep Tayyip Erdogan.

Ali Babacan, figure très respectée des milieux économiques, crédité des succès économiques de l’AKP pendant sa première décennie au pouvoir, a démissionné du parti le 8 juillet, lui reprochant d’avoir sacrifié ses « valeurs » et évoquant le besoin d' »une vision neuve » pour le pays.

Dans une interview au quotidien Karar cette semaine, il a annoncé qu’il créerait son parti d’ici la fin de l’année et qu’Abdullah Gül soutenait ses efforts. Il a toutefois affirmé qu’il ne se joindrait pas à Ahmet Davutoglu, parce que leurs « priorités politiques, méthodes et ton sont différents ».

Ces « luttes internes » qui éclatent au grand jour « continueront d’affaiblir l’AKP », estime Berk Esen, de l’université Bilkent à Ankara. Il existe désormais d’après lui une sorte de course entre les deux groupes « pour créer leur parti en premier de sorte à consolider le vote AKP dissident ».

Avec AFP


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