samedi , 26 septembre 2020
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Anthony Smith: la ministre du Travail « aménage » la sanction à l’encontre de l’inspecteur

AFP

Élisabeth Borne, ici quittant l’Élysée à Paris le 3 septembre 2020.

TRAVAIL – La ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé ce mercredi 9 septembre que la sanction frappant l’inspecteur du travail Anthony Smith, accusé d’avoir désobéi à sa hiérarchie pendant le confinement, serait “aménagée”, a indiqué le ministère à l’AFP.

“La ministre nous a indiqué que dans un souci d’apaisement, la sanction serait allégée: notre collègue sera muté dans la Meuse, proche de son ancien département de la Marne, au lieu de Melun, situé à 200 km de son domicile. En outre, restant dans le Grand Est, il pourra conserver son mandat de représentant syndical de la région”, a expliqué à l’AFP Julien Boeldieu, secrétaire général du syndicat CGT du Travail (SNTEFP CGT), à l’issue d’une rencontre avec la ministre.

“La nature de la sanction reste identique. Il s’agit d’une mutation d’office. Toutefois, nous avons décidé de procéder à un aménagement pour tenir compte de ses contraintes personnelles. Le nouveau lieu d’affectation sera voisin de son domicile”, précise le ministère.

Élisabeth Borne recevait ce mercredi en bilatérale les syndicats pour faire le point après son arrivée au ministère en juillet.

“C’est un recul de la ministre face à la mobilisation”, se félicite Julien Boeldieu. L’intersyndicale CGT, FO, FSU et SUD, qui représente plus des deux tiers des agents du Ministère selon un communiqué ce mercredi, avait déposé un recours gracieux sur la sanction frappant leur collègue.

200 inspecteurs rassemblés pour le retrait de la sanction

Près de 200 membres de l’Inspection du Travail se sont rassemblés ce mercredi devant le ministère pour réclamer le retrait de la sanction, selon la CGT.

Anthony Smith avait été mis à pied en avril en plein confinement, puis sanctionné en août avec une mutation d’office à Melun.

Il lui était reproché d’avoir exigé la mise à disposition d’équipements de protection individuelle (notamment des masques) et la mise en œuvre de mesures de protection contre le Covid-19 au bénéfice de salariées d’une association d’aide à domicile du bassin rémois à une époque où les masques, qui faisaient défaut, n’étaient pas obligatoires.

“Nous estimons qu’Anthony Smith n’a fait que son travail en protégeant les salariés et n’a commis aucune faute”, souligne Julien Boeldieu, qui réclame toujours l’annulation de la sanction. 

L’intersyndicale va examiner l’opportunité d’aller plus loin, notamment en contestant la sanction auprès du tribunal administratif, après le geste d’apaisement de la ministre, a-t-il indiqué.


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