mardi , 28 janvier 2020
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Après l’attaque de Villejuif, pourquoi le parquet antiterroriste se saisit

MARTIN BUREAU via Getty Images

Lors d’un point presse, la procureure de la République de Créteil Laure Beccuau a expliqué à quelles conditions le parquet national antiterroriste pourrait se saisir après l’attaque au couteau de Villejuif. 

VILLEJUIF – Les investigations suivent leur cours. Ce samedi 4 janvier, au lendemain d’une attaque au couteau “d’une extrême violence” qui a coûté la vie à un homme à Villejuif (en plus de l’assaillant), la procureure de la République de Créteil avait évoqué la possibilité que le parquet national antiterroriste se saisisse finalement de l’affaire. Ce qu’il a fait quelques minutes plus tard. 

En effet, comme l’a expliqué Laure Beccuau au côté du directeur adjoint de la police judiciaire de Paris Philippe Bugeaud durant un point presse, de nouveaux éléments viennent accréditer la thèse d’une entreprise terroriste et justifient donc la saisine du parquet spécialisé. 

Pour ce faire, a-t-elle détaillé, il fallait que deux hypothèses soient validées et concordent. Ainsi, si la radicalisation de l’assaillant, un certain Nathan C. né en 1997, était prouvée, tout comme la préparation de son acte meurtrier, alors le parquet national antiterroriste devait selon toute logique se saisir.

Quelle radicalisation pour Nathan C.? 

Or plusieurs découvertes des enquêteurs vont dans ce sens. Dans un sac retrouvé sur les lieux, les policiers ont tout d’abord découvert des ouvrages qualifiés de “salafistes” ainsi qu’une “lettre testamentaire avec des répétitions assez caractéristiques du musulman qui s’autoflagelle et qui sait qu’il va peut-être faire le grand saut”, a indiqué Philippe Bugeaud. 

En outre, le logement qu’occupait le jeune homme à Paris avait “tous les signes d’un appartement qui n’allait plus être occupé”, selon la procureure. Ce qui laisserait à penser qu’il comptait mourir ou être emprisonné au terme de son entreprise.  

″À l’heure actuelle, un des éléments qui pourrait pencher vers la saisine, c’est cette lettre qui montre un acte préparé. C’est peut-être cet appartement qui commence quand même à être vidé. C’est aussi ce couteau qu’il n’a pas, d’après ce que disent ses proches, habituellement sur lui”, a résumé Laure Beccuau.

“Après, reste un dernier élément, celui de la nature de la radicalisation qui va pouvoir nous être décrite et précisée par les proches”, a-t-elle conclu. En effet, les premières auditions de la famille de Nathan C. évoquent une conversion à l’Islam au deuxième trimestre de l’année 2017, mais pour l’heure, les éléments quand un basculement radical demandent à être affinés. 

“Un parcours meurtrier et sélectif”

Dans un communiqué publié dans la soirée du 4 janvier, le parquet national antiterroriste a donc confirmé qu’il disposait de suffisamment d’éléments pour se saisir de l’affaire. Et enquêter sur les “chefs d’assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste criminelle”. 

Concédant que “les troubles psychiatriques importants de l’auteur sont avérés”, le parquet explique que “les investigations des dernières heures ont permis d’établir une radicalisation certaine du mis en cause ainsi qu’une préparation organisée de son passage à l’acte.” C’est-à-dire exactement ce qu’avait évoqué la procureure de Créteil. 

Le communiqué ajoute que l’enquête a d’ores et déjà “démontré un parcours meurtrier réfléchi et sélectif de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.” 




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