mardi , 21 janvier 2020
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Après le crash de l’avion en Iran, Téhéran face de nouvelles manifestations

IRAN – La colère des Iraniens n’est pas retombée. Après une séquence internationale marquée par des tensions entre les États-Unis et Téhéran après l’assassinat du général Qassem Soleimani, et le crash d’un Boieng 737 dont le régime a reconnu la responsabilité, les Iraniens sont toujours dans la rue.

Ce samedi 11 janvier au soir, des centaines étudiants se sont rassemblés à la prestigieuse université Amir Kabir  pour rendre hommage au 176 victimes qui ont péri dans l’avion, abattu par erreur par un missile iranien. Dans la soirée, ce qui ne devait être qu’un rassemblement s’est finalement transformé en véritable manifestation de colère.

Selon l’agence Fars, proche des ultraconservateurs, les étudiants en colère ont déchiré une des nombreuses affiches en l’honneur du général iranien Qassem Soleimani, tué le 3 janvier dans une attaque de drone américaine à Bagdad.

L’agence Fars a publié plusieurs photos du rassemblement et une autre montrant une bannière déchirée à l’effigie d’un Soleimani souriant.

La police “a dispersé” les étudiants lorsqu’ils sont sortis de l’université et ont commencé à “bloquer la rue et créer un embouteillage”, a indiqué Fars.

Fait extrêmement rare, la télévision d’État a fait mention de cette manifestation à l’antenne, et relevé que les étudiants avaient scandé des “slogans antirégime”.

Une vidéo impossible à authentifier circulait samedi soir sur les réseaux sociaux de ce qui pourrait être la police tirant des gaz lacrymogènes sur les manifestants. La vidéo montre notamment un homme se relevant après avoir été apparemment touché par un projectile à la jambe.

Dans ce contexte de manifestation, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Iran a même été brièvement arrêté, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, qui a dénoncé “une violation flagrante de la législation internationale”. Selon le Daily Mail, l’ambassadeur a été interpellé pour avoir prétendument “incité” les manifestants à Téhéran qui exprimaient leur colère.

Depuis le mois de novembre, le pays est touché par de nombreux mouvements sociaux pour protester contre une forte augmentation du prix de l’essence et violemment réprimés. Ils ont abouti à plus de 300 morts, d’après une estimation d’Amnesty.

L’accès à internet avait été coupé à plusieurs reprises, notamment après des appels à commémoration lancés sur les réseaux sociaux, un mois après les manifestations.

Donald Trump a de son côté mis en garde le régime: les États-Unis surveillent de près les manifestations. “Il ne peut pas y avoir un autre massacre de manifestants pacifiques, ni une coupure d’internet”, a écrit le président américain. “Le monde regarde”, a-t-il souligné.




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