samedi , 26 septembre 2020
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Au Brésil, ces Indigènes bloquent une route contre la déforestation et la Covid-19

ASSOCIATED PRESS

Au Brésil, ces Indigènes bloquent une route contre la déforestation et le Covid-19

ENVIRONNEMENT – Prêts à tout pour se faire entendre et protéger leur habitat. Depuis cinq jours, des dizaines d’indigènes du Brésil bloquent un important axe routier d’Amazonie, pour faire entendre leurs revendications sur le coronavirus et la déforestation.

Ces membres de la tribu Kayapo Mekranoti, armés d’arcs et de flèches, ont mis en place lundi un barrage en travers de la BR-163, à la hauteur de la ville de Novo Progresso, dans le nord du Brésil. 

Cette autoroute, une saignée de 4500 km en pleine forêt amazonienne qui relie le Sud au Nord du Brésil, est un axe routier essentiel pour le transport des récoltes du centre ouest — maïs et soja surtout — vers les ports fluviaux de l’Amazonie, avant leur exportation. 

Mais les Kayapo Mekranoti dénoncent eux les dommages infligés à leur environnement par la construction, et réclament des compensations financières. Ils exigent aussi que Brasilia lutte contre l’orpaillage clandestin, la déforestation et le coronavirus, qui a beaucoup affecté les tribus indigènes. 

 

Jeudi, ils ont indiqué ne plus vouloir lever le barrage pour laisser le passage occasionnellement aux poids lourds dont la file s’allonge, comme ils l’ont fait au cours des deux derniers jours. “Nous allons rester ici jusqu’à ce que le gouvernement envoie des émissaires pour nous parler”, a affirmé à l’AFP l’un de leurs leaders, Mudjere Kayapo.

 

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La file de camions bloqués sur la BR-163 s’allonge, alors que la manifestation des Indigènes brésiliens perdure. 

 

Une juge fédérale, Sandra Maria Correia da Silva, avait ordonné lundi la levée du barrage, en invoquant les “perturbations” provoquées à “l’économie régionale” et aux “usagers de cette route”. Mercredi, elle a rejeté un appel des Kayapos Mekranoti et a demandé à la police fédérale de déloger les manifestants s’ils ne partaient pas.

“Nous ne voulons pas nous battre. Mais nous n’accepterons pas que l’armée ou la police viennent ici et nous évacuent par la force. Si cela se produit, du sang sera versé sur le bitume”, ont averti les Kayapo Mekranoti dans une lettre à la Funai, organe gouvernemental chargé des affaires indigènes.

Les manifestants, tatoués et portant des coiffes de plumes, ont d’ailleurs brûlé une lettre dans laquelle la Funai rejetait certaines de leurs demandes.

Au Brésil, deuxième pays le plus touché par la pandémie après les États-Unis, le Covid-19 a contaminé 26.000 indigènes et tué 690 d’entre eux, selon le bilan de l’APIB, l’Association brésilienne des peuples indigènes.

“La santé des indigènes se fragilise de jour en jour (…) Nous sommes ici pour protéger l’Amazonie et notre territoire”, ont-ils écrit à la Funai. “Mais le gouvernement veut autoriser des projets illégaux sur les terres indigènes, comme l’extraction minière, la déforestation et l’élevage”.




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