mercredi , 27 mai 2020
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Au collège, retour masqué pour 150.000 élèves en zone verte

Le Huffpost

Retour masqué au collège pour 150.000 élèves en zone verte

ÉDUCATION – Les plages et certains sites touristiques emblématiques rouverts ce week-end avant les collèges dans les zones “vertes” ce lundi 18 mai: la France poursuit son déconfinement à pas comptés, tout en surveillant de près les indicateurs sanitaires et hospitaliers.

Comme certains Français, ravis de pouvoir à nouveau gambader librement dans les grands espaces, Antoine, trentenaire travaillant dans la prévention en montagne, a profité du premier week-end post-confinement pour “prendre l’air et reprendre contact avec la nature” du côté de l’Aiguille du Midi (Haute-Savoie).

Le déconfinement se poursuit donc très progressivement: après les commerces, hors restaurant et bars, et les écoles primaires et maternelles, ce sera lundi au tour d’une partie des collégiens de retrouver le chemin des classes.

Ils doivent être environ 150.000 jeunes de 6e et 5e à retrouver leurs professeurs en début de semaine, mais seulement dans les zones “vertes” établies par le gouvernement. Soit 85% des collèges en France, c’est à dire 4.000 établissements. Avec cette condition stricte pour tous: porter un masque.

Raccrocher les wagons avec les élèves

“L’objectif pédagogique va être de reprendre contact avec nos élèves et de faire le point car on a malheureusement perdu beaucoup de monde en route”, assure Nicolas Anoto, professeur d’histoire-géographie dans un collège d’éducation prioritaire de Béziers et délégué national SE-UNSA.

La réouverture ou non des collèges des quatre régions en zone rouge (Ile-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est) et de Mayotte doit être tranchée à la fin du mois, tout comme celle des lycées. 

Dans ces zones rouges, où la circulation du virus est plus active avec une pression accrue sur le système hospitalier, vivent 27 millions de Français.  Au niveau national, la France a enregistré moins de 100 décès (96) en 24 heures, pour un bilan qui atteignait samedi 27.625 morts au total.

Le nombre de patients en soins intensifs baisse toujours, avec 2132 cas graves en réa contre plus de 7000 début avril. Mais signal plus inquiétant: les hôpitaux ont accueilli plus de nouveaux patients ces dernières 24 heures qu’ils ne l’avaient fait il y a une semaine.

Trente-quatre cas de Covid-19 ont été confirmés samedi au sein d’un abattoir de Fleury-lès-Aubrais (Loiret), près d’Orléans. “Depuis lundi, nous avons identifié 25 clusters sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel”, a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du dimanche, ajoutant que “vendredi, nous en étions à plus de 50.000 tests réalisés par jour”.

Méfiance face à une possible deuxième vague

Nouveaux cas, hospitalisations, admissions en réa, taux de reproduction du virus… Ces indicateurs clés sont surveillés de très près pour pouvoir réagir en cas de rebond problématique de l’épidémie et d’une éventuelle “deuxième vague”. Mais les scientifiques s’accordent à considérer qu’aucun bilan ne pourra être tiré avant au moins deux semaines.

Dans une tribune publiée dans le JDD, le Pr Emmanuel Martinod et huit médecins issus de différents hôpitaux publics de Seine-Saint-Denis alertent dimanche sur “l’insuffisance majeure des moyens médicaux” alloués à leur département.

“Notre département a connu la plus forte évolution de mortalité d’Ile-de-France en nombre de décès (+ 118,4% par rapport à 2019). Cette surmortalité ne peut s’expliquer uniquement par la sociologie et par l’habitat mais par un déficit de l’offre des soins”, ajoutent-t-ils. 

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