vendredi , 28 février 2020
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Au Mali, qu’est-ce que l’opération Barkhane dans laquelle la France est engagée?

Benoit Tessier / Reuters

Un soldat français de l’opération Barkhane.

MALI – La France pleure treize de ses soldats, tombés au combat lundi 25 novembre au Mali. Deux hélicoptères sont entrés en collision lors d’une opération de combat contre des jihadistes. L’accident est survenu lundi soir dans le cadre de l’opération Barkhane.

Le 4Suisse fait le point sur ce dispositif nécessitant le plus important déploiement français en opérations extérieures. 

Quand est née Barkhane?

L’opération Barkhane fait suite à une première opération militaire lancée en 2013. Le 11 janvier 2013, la France lance Serval avec 1700 soldats, des avions et des hélicoptères pour arrêter la progression de colonnes jihadistes qui contrôlent le Nord du Mali, et soutenir les troupes maliennes face à la menace d’une offensive vers Bamako. En trois mois, Serval, menée tambour battant, met en déroute les groupes armés.

En août 2014, Serval est remplacée par l’opération Barkhane, étendue à l’ensemble de la bande sahélo-saharienne, une zone vaste comme l’Europe.

Barkhane est le nom d’une dune prenant la forme d’un croissant sous l’effet du vent. 

Quel est son but? 

À la suite de l’opération Serval, Barkhane a été créée pour appuyer les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) engagés dans la lutte contre des groupes islamistes affiliés au groupe Etat islamique (EI, ou Daech) ou à Al-Qaïda. 

L’objectif de la France: éviter que des poches jihadistes puissent se structurer et, le cas échéant, projeter des actions terroristes contre la France ou contre ses ressortissants habitant dans ces pays.

Tous les experts s’accordent à dire que la présence militaire française dans la région va durer des années, selon l’AFP. Toutefois, pour la première fois depuis le déclenchement de l’opération Serval par François Hollande, la question d’un retrait des troupes est désormais évoquée dans la classe politique.

 

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La zone d’opération Barkhane traverse plusieurs pays

Quels sont les moyens déployés?

Barkhane est actuellement la plus importante opération extérieure de l’armée française, avec environ 4500 militaires déployés. Depuis le 26 juillet 2019, ils sont placés sous le commandement du général de division Pascal Facon, qui opère depuis un poste de commandement interarmées stationné à N’Djamena au Tchad.

Ce dispositif s’articule autour des trois points d’appui permanents: Gao au Mali, Niamey au Niger et N’Djamena au Tchad.

Pour pouvoir agir dans les zones les plus reculées, aux côtés des armées partenaires, des détachements sont également déployés sur des plateformes désert-relais ou sur des bases avancées temporaires.

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Quelques chiffre sur l’opération Barkhane au Mali

Quelles sont les pertes françaises?

Cet accident porte à 41 le nombre de militaires français tués au Sahel depuis le début de l’intervention française en 2013, avec l’opération Serval, selon un décompte effectué à partir de chiffres publiés par l’état-major.  

Quatorze soldats sont tombés ce mois de novembre 2019, le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, dans l’explosion d’un engin explosif le 2 novembre, et les treize soldats tués ce 25 novembre. 

“La situation sécuritaire est évidemment difficile”, a récemment admis, au cours d’une visite au Sahel, la ministre des Armées Florence Parly, mais “le combat contre le terrorisme est un combat de longue haleine. Nous sommes armés de patience, de volonté et d’idées nouvelles”, a-t-elle assuré.

Six ans après le début de l’intervention française, les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali et se sont propagées au centre du pays ainsi qu’au Burkina Faso et au Niger voisins. Depuis 2012, les hostilités, doublées de violences intercommunautaires, ont fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de civils.

Et malgré les efforts de formation déployés par l’Union européenne, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et Barkhane, les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d’enrayer la progression des attaques.




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