lundi , 13 juillet 2020
Accueil » Actualité » Aux États-Unis, la mort d’un homme noir lors d’une interpellation indigne

Aux États-Unis, la mort d’un homme noir lors d’une interpellation indigne

AFP

George Floyd, un Noir-américain, est mort après une interpellation à Minneapolis où il a été plaqué au sol un genou sur le cou. Sur cette photo prise sur les lieux de son interpellation, un homme brandi un panneau « ARRÊTEZ DE TUER LES NOIRS »

ÉTATS-UNIS – La mort d’un Noir américain à la suite d’une arrestation musclée a déclenché mardi 26 mai la colère à Minneapolis, sa famille dénonçant un usage “excessif et inhumain” de la force et le racisme de la police de cette ville du Minnesota.

L’affaire rappelle celle d’Eric Garner, un homme noir décédé après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs à New York en 2014. L’affaire avait notamment contribué à l’émergence du mouvement Black Lives Matter (“Le vie des Noirs compte”).

La scène, filmée lundi soir par une passante sur Facebook Live, montre un homme plaqué au sol sur le ventre par un policier qui l’immobilise avec un genou sur le cou.

L’homme, identifié comme George Floyd par l’avocat de sa famille, se plaint pendant de longues minutes de ne pas pouvoir respirer et d’avoir mal, tandis que l’agent, un Blanc, lui dit de rester calme. Un second policier tient à distance les passants qui commencent à s’emporter alors que George Floyd ne bouge plus. “Il ne respire plus, il ne bouge plus, prenez son pouls”, répète un passant tandis que les policiers attendent une ambulance qui arrive après plusieurs minutes.

Il a été transporté dans un hôpital de la ville où il est décédé peu après.

Les quatre policiers impliqués licenciés

Un porte-parole de la police a affirmé lundi soir que l’homme avait résisté à son interpellation par les agents appelés pour un cas d’ivresse sur la voie publique.

Mardi, des passants se recueillaient et déposaient des fleurs à l’endroit de l’interpellation, alors que d’autres arboraient des affiches demandant à la police d’“arrêter de tuer des Noirs”.

L’avocat de la famille, Benjamin Crump, a dénoncé un usage “abusif, excessif et inhumain de la force” pour un délit “non-violent”, et demandé la fin du “profilage racial et (de) la minimisation des vies noires par la police”. À l’échelle nationale, les réactions indignées se sont multipliées, notamment de la part d’élus du Congrès et de personnalités américaines. 

 

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a pour sa part fustigé un acte “horrible”, accusant le policier d’avoir “manqué d’un sens de l’humanité fondamental”. “Être Noir ne devrait pas être une peine de mort”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mardi. Il a ensuite annoncé le renvoi des quatre policiers impliqués. “C’est la chose à faire”, a-t-il déclaré sur Twitter. 

Le chef de la police de Minneapolis a pour sa part indiqué qu’une enquête fédérale allait être ouverte sur cette affaire.

La mort d’Eric Garner avait déclenché un mouvement de protestation et d’autres décès de Noirs aux mains de la police avaient provoqué des émeutes dans le pays. La police de New York et Los Angeles ont aussi interdit les méthodes d’immobilisation controversées, comme le plaquage ventral.




Première apparition