samedi , 4 avril 2020
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Avant la visite de Trump en Inde, un mur construit pour cacher des bidonvilles

AFP

Des affiches annonçant la visite de Donald Trump en Inde

DIPLOMATIE – Cache-misère. Donald Trump est impatiemment attendu en Inde où il doit effectuer une visite diplomatique pendant deux jours à partir du 24 février. Et visiblement, le gouvernement de Narendra Modi a bien l’intention de mettre les petits plats dans les grands, ou plutôt les bidonvilles entre des murs. 

Comme le rapportent nos confrères du 4Suisse Inde, les autorités indiennes mettent tout en oeuvre pour que la visite du président américain se déroule sans anicroche et cela passe notamment par la construction d’un mur autour du bidonville de Dev Saran. Ce dernier se trouve sur la route d’Ahmedabad, où Donald Trump est attendu dans le cadre de l’événement “Namaste Trump” au cours duquel il doit notamment inaugurer le Motera Stadium, le plus grand stade de criquet au monde. 

Un budget de presque 1 million de dollars

Si le locataire de la Maison-Blanche n’a jamais caché son intérêt pour les murs, c’est un sentiment de désolation qui règne parmi les 2000 habitants du bidonville de Dev Saran . La taille du mur a été réduite de deux mètres à 1m20 mais il s’étendra tout de même sur près d’un demi-kilomètre. Le tout pour un coût estimé à près d’un million de dollars. Le budget indien pour la visite de Trump dans son ensemble avoisine d’ailleurs les 12 millions de dollars. De quoi agacer comme le confie une résidente de Dev Saran au Guardian:  “Puisqu’ils dépensent tellement d’argent pour ce mur, pourquoi ne pas l’utiliser pour améliorer notre bidonville et nous fournir de meilleures installations. Pourquoi nous cachent-ils, nous les pauvres ?”

Une critique également formulée par plusieurs personnalités politiques indiennes, d’autant que Narendra Modi a été à la tête de l’État du Gujarat, où se trouve Ahmedabad, pendant près de 12 ans. 

Dans The Indian Express, le commissaire municipal Vijay Nehra évoque lui des enjeux de sécurité face à un ancien mur qui s’effondrait. De la même façon, un représentant du gouvernement assure qu’il ne s’agit pas de cacher le bidonville, mais d’améliorer la beauté et la propreté de cette grande route.

D’autres opérations nettoyage

Surtout, comme le pointe Le 4Suisse en Inde, c’est loin d’être la seule initiative prise par les autorités pour faire place nette. Dans un autre bidonville, situé lui près du stade de criquet, pas moins de 45 familles ont reçu un ordre d’expulsion. Là encore, les autorités municipales nient un quelconque lien avec la visite de Donald Trump et assurent seulement vouloir récupérer le terrain qu’elles possèdent.

En parallèle plusieurs étales vendant du Paan, une préparation de feuille qui se mâche comme du tabac, ont été fermées pour éviter que crachats et mégots ne jonchent le sol. Plusieurs routes ont également été nettoyées et repeintes. 

Dans l’état de l’Uttar Pradesh, plus de 14.000 mètres cubes d’eau ont été déversés dans la très polluée rivière de Yamuna. Il ne s’agit pas de l’assainir, mais plutôt de tenter de limiter ses émanations pestilentielles. 

Autant de mesures qui interviennent dans un contexte de relations tendues face  entre l’Inde et les États-Unis, après notamment une hausse des droits de douane des deux côtés. En pleine campagne présidentielle, Donald Trump a également à coeur de toucher la diaspora indienne aux États-Unis. Forte de 4 millions de personnes, c’est l’une des plus prospères du pays, mais c’est aussi l’une des plus fidèles au parti démocrate.




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