vendredi , 11 décembre 2020
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Boris Johnson va se rendre à Bruxelles pour tenter de débloquer la négociation


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Le Premier ministre britannique se rendra à Bruxelles « dans les prochains jours » pour une mission de la dernière chance auprès de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin de débloquer les négociations post-Brexit, toujours dans l’impasse.

Alors que les négociations sur l’après-Brexit sont toujours au point mort, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé lundi 7 décembre qu’il se rendrait à Bruxelles « dans les prochains jours » pour y rencontrer la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen. Une mission de la dernière chance, la période de transition s’achevant le 31 décembre prochain.

« La situation semble très compliquée et il y a toutes les chances que nous n’y arrivions pas », a cependant averti un responsable britannique. « Bien que nous ne considérions pas le processus comme fini, les choses semblent très délicates et il y a toutes les chances que nous ne parvenions pas » à un accord, a par ailleurs affirmé une source gouvernementale.

À l’issue d’un entretien téléphonique très attendu, lundi, Boris Johnson et Ursula von der Leyen n’ont pu que constater, à nouveau, « que les conditions » pour finaliser un accord n’étaient « pas réunies ».

Le jour de la venue du Premier ministre britannique n’est pas encore fixé, mais il ne participera pas, dans tous les cas, au sommet européen prévu jeudi et vendredi dans la capitale belge.

Les deux dirigeants ont souligné que les discussions achoppaient toujours sur les trois même sujets : l’accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées à Londres par l’Union européenne (UE) en matière de concurrence en échange d’un accès sans droits de douane ni quotas à son immense marché.

Pression inexorable du calendrier

Au cours d’une rencontre, lundi matin, avec les ambassadeurs des Vingt-Sept, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, n’avait pas caché l’absence de progrès sur ces trois sujets.

Il avait ensuite estimé, lors d’un autre point avec des eurodéputés, qu’une décision sur la possibilité de conclure ou non un accord devait être prise d’ici mercredi, à la veille du sommet européen. Avant de reprendre les échanges avec son homologue britannique, David Frost.              

En fonction du résultat des tractations, les 27 dirigeants de l’Union européenne pourraient être invités, jeudi lors du sommet, à examiner les grandes lignes d’un accord, ou à acter un échec, exigeant ainsi la préparation de mesures d’urgence face au choc de la rupture.

Les négociateurs travaillent sous la pression inexorable du calendrier puisqu’un éventuel accord commercial – de plus de 700 pages – devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur le 1er janvier prochain, ce qui apparaît de plus en plus hypothétique avec cette nouvelle prolongation des négociations.

Un porte-parole de Boris Johnson a cependant rejeté l’éventualité de continuer à négocier en 2021.

Le Royaume-Uni prêt à renoncer à des clauses controversées

L’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, un sujet qui ne semble toujours pas avoir progressé, reste hypersensible pour certains États membres, France et Pays-Bas en tête. Paris a d’ailleurs menacé le brandir son veto si l’accord ne lui convient pas.                  

Mais le point le plus compliqué reste les conditions de concurrence équitable, destinées à garantir une convergence en matière d’aides publiques, de normes sociales ou environnementales. La difficulté étant de trouver un système qui respecte la souveraineté retrouvée de Londres, tout en protégeant les intérêts européens.

Signe d’apaisement, le gouvernement britannique s’est dit toutefois dit disposé, lundi, à renoncer aux clauses controversées d’un projet de loi remettant en cause le traité encadrant le départ du Royaume-Uni de l’UE, une concession à Bruxelles pendant cette dernière ligne droite. Les Européens étaient en effet furieux de voir les Britanniques remettre en cause cet accord.

Depuis son départ officiel de l’UE, le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles européennes. Ce n’est qu’à la fin de cette période de transition, le 31 décembre, qu’interviendra sa sortie du marché unique et de l’union douanière.

Faute d’accord, les échanges entre Londres et l’UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le Covid-19.

Avec AFP




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