samedi , 19 septembre 2020
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Caroline Receveur, Nabilla… Pourquoi tous les influenceurs déménagent à Dubaï

DUBAÏ – Nabilla et Thomas Vergara, Caroline Receveur et Hugo Philip, Jessica Thivenin et Thibault Garcia, Julien et Manon Tanti… Si vous suivez toutes ces personnalités et anciens candidats de télé-réalité sur Instagram, vous l’avez sans doute remarqué. Ces derniers mois ou même semaines, tous ont choisi de s’expatrier à Dubaï d’où ils exposent à l’envi à leurs millions d’abonnés leur nouveau quotidien sous le soleil.

Aux premiers abords, les raisons évoquées par ces derniers – et les agences qui gèrent leur carrière – sont souvent “la sécurité”, “la multi-culturalité” ou encore la météo. “Ce sont des personnalités connues dont les visages sont très familiers en France. Étant donné qu’ils partagent leur vie au quotidien à la télé ou sur les réseaux, les gens en France ont parfois du mal à établir des limites à respecter leur vie privée”, confie une source qui travaille dans une agence d’influenceurs. ”À Dubaï, personne ne sait qui ils sont donc ils se sentent plus en sécurité. Ce n’est qu’à quelques heures d’avion de leurs familles en France et le décalage horaire n’est pas si important, seulement 2 ou 3 heures, c’est idéal”.

Pourtant d’autres facteurs pourraient bien les avoir poussés à choisir cette ville des Émirats arabes unis. 

Des avantages fiscaux mais pas que

Si les avantages fiscaux que présente Dubaï en comparaison à la France peuvent en partie expliquer ces nombreux déménagements, ce ne serait en revanche pas la seule raison qui pourrait attirer les jeunes influenceurs. “Il y a certes une fiscalité plus avantageuse étant donné qu’il n’y a pas de taxes, mais je pense pas qu’il s’agisse de cela. Il faut avant tout savoir que détenir un passeport occidental, permet d’obtenir beaucoup d’avantages à Dubaï′ explique Amélie Le Renard, sociologue et autrice d’une enquête sur les “occidentaux, un groupe social avantagé à Dubaï”. 

“Tout d’abord, les visas sont attribués en fonction de la nationalité. Pour les occidentaux, il est autorisé de rester jusqu’à trois mois à Dubaï, même sans y travailler et sans avoir de visa à payer. Pour certaines nationalités, un visa payant est obligatoire dès leur entrée sur le territoire. Ensuite, il existe des ‘zones franches’ un peu partout dans la ville, même dans le quartier des affaires, où des entreprises peuvent s’installer et où le règlement et la fiscalité sont bien plus avantageux que nul part ailleurs à Dubaï” explique-t-elle. Et pour cause, les influenceurs ne sont souvent pas salariés, mais auto-entrepreneur. La plupart possèdent même leur propre entreprise afin de commercialiser des produits de cosmétique ou de mode. 

“Ensuite il y a également le coût de la main d’oeuvre, qui est insignifiant. Étant donné que l’entreprise ne doit pas payer de taxe pour ses salariés, cela lui revient beaucoup moins cher” ajoute Amélie Le Renard. Une raison qui pourrait ainsi attirer les influenceurs à Dubaï pour y délocaliser leur entreprise à moindre coût.

Enfin, le prix de l’immobilier de la ville serait en baisse depuis plusieurs années. “Je ne sais pas à quel point c’est le cas aujourd’hui, mais le prix de l’immobilier est en large baisse à Dubaï. Certains biens sont donc beaucoup plus accessibles aujourd’hui qu’à une époque”, avance la sociologue. Un argument qui avait également été évoqué par Caroline Receveur. “Une maison avec jardin et piscine à Dubai est bien inférieure aux prix du marché en France et encore bien plus inférieure au prix du marché Anglais, je vous laisse un jeter un oeil par vous même”, avait déclaré la jeune maman qui vivait auparavant entre Paris et Londres. 

Une “sécurité” à relativiser 

En revanche si la sécurité à Dubaï est également souvent mise en avant par les célébrités, elle est toutefois à relativiser.

“Tout dépend de ce qu’on entend par sécurité. Cela dépend aussi de la nationalité et du statut. Des expatriés français à Dubaï, on entend souvent l’exemple du téléphone oublié sur une table d’un restaurant que l’on retrouve au même endroit sans qu’il soit volé. C’est une idée qui circule beaucoup, de même qu’être une femme et pouvoir se balader librement la nuit, ce qui est une réalité”, relate la sociologue.

“En revanche, il faut aussi savoir qu’à Dubaï, les salariés ou encore les domestiques ont très peu de droits. Il est très courant pour les occidentaux d’avoir des domestiques à Dubaï, ces derniers sont également souvent logés chez leurs employeurs. Mais s’ils se font renvoyer ou s’il leur arrive quelque chose, ils n’ont quasiment aucune chance de porter plainte, ils se retrouvent à la rue et sont forcés de quitter le pays car la plupart sont étrangers, fuient des pays parfois en guerre. De même, la loi à Dubaï prévoit normalement qu’une femme n’a pas le droit d’habiter avec un homme s’ils ne sont pas mariés. Même si beaucoup le font illégalement, cela signifie que si cette femme est en danger, qu’elle est victime de violence conjugale ou quoi que ce soit d’autre elle ne pourra ni porter plainte ni être protégée étant donné qu’elle ne respectait pas la loi”, précise Amélie Le Renard. Pour se mettre en conformité avec la loi, Caroline Receveur et Hugo Philip se sont ainsi mariés quelques jours à peine avant leur départ pour les Emirats.

L’impact des réseaux sociaux 

Autre facteur qui pourrait attirer les influenceurs et stars de la télé-réalité à Dubaï: les réseaux sociaux. Par définition, les influenceurs gagnent leur vie en effectuant des placements de produits sur les réseaux sociaux et où ils y partagent leur quotidien. Et Dubaï semble être la ville idéale pour cela, selon Amélie Le Renard. ”À Dubaï, certains immeubles et bâtiments sont construits et designés spécifiquement pour être pris en photo, plus que pour s’y rendre. La ville se donne l’image d’un lieu idéal. D’ailleurs, il y a un phénomène très récurrent que l’on retrouve chez les expatriés occidentaux: beaucoup y vont pour la première fois pour de simples vacances, et décident d’y rester.”

Soft power?

Un quotidien à Dubaï mis en avant sur les réseaux sociaux des influenceurs qui, à l’inverse, pourrait bien expliquer les avantages que trouve de son côté la ville à attirer des occidentaux. “Le fait qu’inconsciemment ou pas, ils vantent les mérites et bons côtés de Dubaï sur leurs réseaux sociaux à travers leur vie de tous les jours, ça rend évidemment service à la ville. Contrairement à d’autres villes des Émirats, la richesse de Dubaï n’est pas fondée sur des ressources pétrolières ou autres”, explique Amélie Le Renard.

“Pour développer la ville ils ont donc voulu lui donner une image d’une ville d’affaires, avec des entreprises, des buildings, des échanges aériens. Cela passe par les occidentaux, et pour attirer les occidentaux, il faut faire véhiculer des idées positives sur la ville. C’est aussi pour cela que le tourisme s’est autant développé, il y a une dizaine d’années personne n’allait à Dubaï, maintenant il y a un nombre d’hôtels impressionnant. Toutefois, est-ce que la ville va jusqu’à démarcher certains influenceurs occidentaux pour qu’ils s’expatrient à Dubaï? Je n’ai pas la réponse à cela.” 


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