lundi , 28 septembre 2020
Accueil » Actualité » ce que l’on sait des gigantesques explosions qui ont meurtri la ville

ce que l’on sait des gigantesques explosions qui ont meurtri la ville


Le Premier ministre Hassan Diab a décrété ce mercredi jour de deuil national et a promis que les responsables devraient « rendre des comptes. »

Ce mercredi matin, Beyrouth et l’ensemble du Liban sont encore sous le choc après les deux violentes explosions qui sont survenues dans le quartier portuaire de la ville, si puissantes qu’elles ont été enregistrées par les capteurs de l’institut américain de géophysique (USGS) comme un séisme de magnitude 3,3.

Dans l’épicentre de l’explosion, dont le souffle a été ressenti jusque sur l’île de Chypre, à plus de 200 kilomètres de là, le paysage reste apocalyptique: les conteneurs ressemblent à des boîtes de conserve tordues, les voitures sont calcinées, le sol jonché de valises et de papiers provenant des bureaux avoisinants, soufflés par l’explosion.

· Un bilan revu à la hausse

Selon un dernier bilan transmis en début de matinée par les autorités libanaises et qui pourrait s’alourdir dans la journée, les explosions auraient fait au moins 78 morts et près de 4000 blessés.

Aux premières heures de la journée ce mercredi, dans les ruines encore fumantes du quartier du port, les secouristes tentaient de retrouver des victimes. Des Casques bleus ont été grièvement blessés à bord d’un navire amarré dans le port, selon la mission de l’ONU au Liban.

Les hôpitaux de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, sont saturés et les blessés continuent d’affluer, notamment à l’Hôtel Dieu, hôpital privé du quartier chrétien d’Achrafieh.

« C’est une catastrophe à l’intérieur (du port). Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps », a indiqué un soldat aux abords du port.

Le Premier ministre Hassan Diab a décrété mercredi jour de deuil national et a promis que les responsables devraient « rendre des comptes. »

· Le nitrate d’ammonium responsable de l’explosion

A l’heure actuelle, il est encore tôt pour expliquer les causes exactes de ces explosions. Toutefois, le gouvernement local pointe du doigt une cargaison de nitrate d’ammonium stockée « sans mesures de précaution » sur le port.

Il s’agit d’un sel blanc inodore utilisé comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés, et a causé plusieurs accidents industriels dont l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001.

Selon le Premier ministre libanais Hassan Diab, environ 2750 tonnes de nitrate d’ammonium étaient stockées sur les lieux de l’incident, sans que les raisons de cette présence n’ait encore été justifiée.

« Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire », a-t-il déclaré devant le Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

Le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avait indiqué auparavant que les explosions étaient peut-être dues à des « matières explosives confisquées depuis des années. »

· Mobilisation à l’international

Quelques heures après les déflagrations, de nombreux pays ont proposé de l’aide au Liban, notamment la France qui envoie dès ce mercredi plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Le président Emmanuel Macron a annoncé sur Twitter l’envoi d’un détachement de la sécurité civile et de « plusieurs tonnes de matériel sanitaire » à Beyrouth.

Les Etats-Unis ont également proposé leur aide, ainsi que l’Allemagne, qui compte des membres du personnel de son ambassade à Beyrouth parmi les blessés. Même Israël a proposé soir « une aide humanitaire et médicale » à son voisin libanais, avec lequel il est techniquement toujours en guerre.

Ce drame survient alors que le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.


Retrouvez cet article sur : BFM-TV