mercredi , 15 juillet 2020
Accueil » Actualité » Ces PMA à l'étranger stoppées par le coronavirus

Ces PMA à l'étranger stoppées par le coronavirus

BIOÉTHIQUE – Le projet de loi bioéthique, qui comprend l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, devait être définitivement adopté avant l’été. Il sera encore repoussé, peut-être même à la fin du quinquennat, comme l’a annoncé Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale.

La crise sanitaire a mis le pays et une grande partie de l’Europe à l’arrêt. Mi-mars, les centres de procréation médicalement assistée (PMA) dans plusieurs pays européens ont fermé temporairement. Stoppant brutalement les traitements et procédures de PMA en cours pour des milliers de femmes et de couples français et reportant leur projet à une date indéterminée. 

Certains pays européens, comme l’Espagne ou la République tchèque, ont bien permis aux cliniques de rouvrir fin avril. Mais à l’heure actuelle, il est impossible pour les Françaises et Français de s’y rendre.

Cet arrêt a des conséquences lourdes, tant psychologiques, médicales que financières. En attendant que la législation change en France, ces citoyennes et citoyens réclament des dérogations pour pouvoir voyager et poursuivre leur projet d’enfant.

Voici les histoires de deux couples et d’une femme, que le confinement a contraints à tout mettre sur pause, à voir et écouter dans la vidéo en tête d’article.

Fanny, 40 ans, en couple avec Emma

Fanny est professeure de danse en Seine-et-Marne. En couple avec Emma depuis une quinzaine d’années, elles ont décidé d’entamer une procédure de PMA en 2016. 

“On a démarré le parcours de PMA il y a 4 ans, toutes les deux ensemble, par des inséminations avec donneur en Belgique. On est tombées toutes les deux enceintes quasiment à la même période, et on a fait toutes les deux une fausse couche. C’était en 2018. Donc ça fait deux ans que le parcours du combattant continue.”

Les deux femmes se tournent alors vers l’Espagne. Face au risque d’une insuffisance ovarienne précoce (IOP), Fanny décide de tenter une fécondation in vitro (FIV) pour ne pas perdre davantage de temps. “Le 17 mars, je devais démarrer mon traitement, avec un transfert d’embryon prévu le 3 avril. Donc vraiment j’étais à la limite. Tout s’est arrêté le 17 mars pour moi. Avec le confinement.”

Aurélie, 37 ans, femme célibataire

Aurélie a décidé de se lancer seule dans son projet de PMA en 2019. À 37 ans, elle est partie seule à Barcelone pour bénéficier d’un transfert d’embryon, chose qui n’est pas possible en France.

“En février dernier, j’ai eu mon transfert d’embryon et ça n’a pas fonctionné. Donc j’attendais impatiemment de pouvoir repartir. Et hélas, avec le Covid, mes plans se sont un peu évanouis.”

Christelle, 43 ans, en couple avec David

Après un cancer de l’ovaire à l’âge de 32 ans, Christelle a décidé aux côtés de David, son mari, d’essayer d’avoir un enfant malgré les difficultés qu’elle encourrait. Après des années de stimulations, d’inséminations et plusieurs FIV infructueuses, dont une fausse couche à 12 semaines, le couple a décidé de se tourner vers l’Espagne, pour bénéficier d’un don d’ovocyte. Elle a alors 42 ans.

“En France, malheureusement, l’inscription aux Centres d’Études et de Conservation des Oeufs et du Sperme (CECOS), nous n’étions pas prioritaires. Et il y a très peu de dons d’ovocytes en France, par rapport aux autres pays européens. Début février, c’était bon, c’était parti. La procédure pour nous trouver une donneuse était en train de partir. Au moment où malheureusement, le monde a été touché par le Covid, et ça a tout mis en suspens.”


Première apparition