mardi , 25 février 2020
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ceux qui sont revenus des camps de la mort racontent


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L’année 2020 marque le 75e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz. France 24 commémore cet événement en diffusant, du mercredi 22 au dimanche 26 janvier, une série de portraits des derniers survivants de la Shoah réalisée par la documentariste Sophie Nahum. Un travail de mémoire remarquable dressant un panorama collectif de la déportation et de ses conséquences.

Du mercredi 22 au dimanche 26 janvier 2020, France 24 commémore le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Sophie Nahum, documentariste, a donné la parole aux survivants de la Shoah dans une série de portraits diffusés toute la semaine sur notre antenne. Ceux qui sont revenus des camps de la mort racontent leur expérience et leur vie d’après : entre douleur impossible à oublier, culpabilité du survivant et besoin de transmission… À travers ces portraits d’environ 8 minutes se dessine un panorama collectif de ce que fut la déportation.

• Henri, l’enfant d’immigrés polonais

Henri, d’origine polonaise, est arrêté à Angoulême avec sa famille alors qu’il n’a que quinze ans. Il est envoyé à Drancy avant d’être transféré vers Kaunas, en Lituanie, dans le convoi « 73 », aux côtés de 878 autres personnes. Seuls 22 d’entre eux reviendront vivants. Unique rescapé de ce convoi 75 ans plus tard, il évoque avec pudeur la culpabilité de ceux qui ont survécu à l’horreur. Une vraie « charge morale, lourde à porter ».

• Lucette, la Parisienne

Lucette, 93 ans, a toujours vécu dans le quartier parisien de Montmartre. Sauf durant la Seconde Guerre mondiale, sa famille pensant trouver refuge à Lyon. Arrêtée avec son père et sa mère, Lucette n’échappera pas à la déportation et fera partie d’un des derniers convois de France vers Auschwitz. Tout raconter sur cette période lui semble aujourd’hui impossible tant la douleur reste vive 75 ans plus tard. Surtout à l’évocation de la déportation de son père ou des retrouvailles avec sa mère en 1945 alors que celle-ci « ressemblait à un cadavre ». Sa crainte aujourd’hui : l’antisémitisme grandissant dans la société française.

 

• Nicolas, l’écrivain

Né en Hongrie, c’est à Paris que Nicolas – 92 ans aujourd’hui – a trouvé refuge à la Libération en y retrouvant son frère et sa sœur. Avant cela, il a survécu sept mois à Birkenau et à « la marche de la mort » qui suit. Au côté de son fils, il évoque le poids du traumatisme transgénérationnel que constitue l’horreur des camps de la mort nazis. « Peut-on tout raconter ? Jusqu’à quel point ? », s’est-il longuement interrogé. Il a finalement fait son choix lorsque, des décennies après, il a raconté son vécu dans un livre : « Avoir 16 ans à Auschwitz ». Sa préoccupation aujourd’hui : « Que cela n’arrive plus jamais aux autres, n’importe qui », lâche-t-il dans un accès d’énervement.

 

 

• Esther, déportée à 15 ans

Née en Pologne, Esther a grandi à Paris, dans le quartier de Belleville, au sein d’une famille nombreuse. Arrêtée lors de la rafle du Vél d’Hiv, elle est déportée à quinze ans vers Auschwitz. Elle a une idée fixe : revenir en vie. Elle parvient à survivre deux hivers à Birkenau et aux « marches de la mort ». Elle s’en sort malgré tout traumatisée. Quand elle raconte les années qui ont suivi son retour à Paris, elle se rappelle l’incrédulité et la suspicion de la population française qui « ne voulait pas croire » ce qui s’était passé. Encore émue, elle se confie sur des années d’errance, isolée, sans famille, qui se terminèrent par une tentative de suicide. Cependant, en rencontrant son mari, elle a fini par se reconstruire.

 

 

• Armand, du ghetto polonais à Buchenwald

« J’ai eu un parcours très long. Je suis entré en déportation le 29 octobre 1939 », se souvient de manière précise Armand. Il a 10 ans quand son quartier de Piotrkow devient le premier de Pologne à être transformé en ghetto. Par la suite, il sera déporté dans le camp polonais de Buchenwald. Hanté par des cauchemars longtemps après la fin de la guerre, il ne veut pas oublier. S’il ne dispose d’aucune photo de sa famille, il a documenté le ghetto lors d’un voyage sur les lieux de son enfance dans un album-photo qui lui sert de support lorsqu’il raconte son histoire. Tout comme quelques sinistres reliques du camp de la mort qu’il garde pour « ne pas oublier ». « Les gens ne sont pas obligés de nous croire sur parole », rappelle-t-il.

 

 


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