dimanche , 13 décembre 2020
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Chine: #Metoo relancé par ce procès très symbolique

#METOO – ”À bas le harcèlement sexuel”, “Me too”, “nous attendons avec toi une réponse historique”… une centaine de manifestants sont venus soutenir la plaignante avec des pancartes devant le tribunal. Ce mercredi 2 décembre s’ouvre un procès hors norme à la Cour du peuple du district de Haidan à Pékin. Sur le banc des prévenus, Zhu Jun, vedette du petit écran accusé de harcèlement sexuel. 

La militante féministe Zhou Xiaoxuan, également connue sous le nom de Xianzi sur les réseaux sociaux, est parvenue à faire accuser le célèbre présentateur qui l’aurait embrassée de force en 2014, soutient-elle. De son côté, Zhu Jun nie les faits et a poursuivi la jeune femme en justice pour avoir abimé sa réputation et sa santé mentale. Un tel procès pour harcèlement sexuel est considéré comme très rare, a déclaré un spécialiste à la chaîne d’information britannique BBC, alors qu’en Chine, les mouvements féministes sont souvent la cible des autorités et que la censure guette chaque internaute.

“Si je gagne le procès, cela encouragera nombre de femmes à prendre la parole publiquement; si je perds, je ferai appel jusqu’à ce que la justice soit rendue” a prévenu Xianzi à la BBC. “Porter plainte m’a fait beaucoup de mal. À un moment, j’ai même été accusée par l’auteur présumé d’avoir des troubles délirants. J’ai dû prouver que je suis une personne normale, a-t-elle poursuivi. J’ai été contrainte de revivre plusieurs fois l’événement, chaque étape a été synonyme de torture et d’humiliation”. 

Vague de soutiens sur les réseaux sociaux

Tout a commencé en 2018, en plein mouvement Metoo aux États-Unis, lorsque la jeune femme a décidé de raconter son expérience dans un récit publié sur l’application mobile chinoise Wechat. Elle a raconté les faits remontant à 2014, lorsqu’elle aurait subi des attouchements de Zhu Jun. Elle était alors stagiaire à la télévision publique CCTV.

La victime a expliqué dans son texte que la police l’avait convaincue de renoncer à porter plainte, en raison de la notoriété du présentateur télévisé. Mais le récit a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, largement partagé par des associations féministes. Les médias locaux se sont emparés de l’affaire et ont manifesté leur soutien à la jeune femme. Sur internet, les Chinois ont également fait preuve de solidarité. 

“Le fait que le le cas de Xianzi aille aussi loin est encourageant et montre que la Chine se trouve à un moment pivot de son histoire”, s’est réjoui auprès de la BBC Darius Longarino, de l’université de droit Yale Law School’s Paul Tsai China Centre, aux États-Unis.

Si depuis plusieurs années, le mouvement #Metoo en Chine fait face à de nombreux obstacles, les institutions ont fait un premier pas dans la lutte contre les violences faites aux femmes le 28 mai dernier: le pays a approuvé son tout premier Code civil et y a intégré la définition du harcèlement sexuel. 

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