mardi , 11 août 2020
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Coronavirus: la carte évolutive de la situation dans le monde, pays par pays

Institut de santé globale de Genève

La carte de la situation épidémique du Covid-19 à la date du 1er juillet 2020.

CORONAVIRUS – Portugal, Espagne, Italie, États-Unis, Brésil… Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les chiffres quotidiens des cas de contamination recensés et des décès s’accumulent, sans toujours permettre de se faire une idée claire et rapide de la situation réelle dans chaque pays ou dans chaque région du monde.

Pour permettre de mieux analyser la situation, un groupe de scientifiques basé en Suisse a mis au point un site et une carte de surveillance épidémiologique en temps réel. Trois centres de recherche ont participé à son élaboration: l’Université de médecine de Genève, le Centre national de la Science des données (SDC) de Berne et l’école polytechnique de Zurich.

Une analyse multiple en temps réel

Mise en ligne depuis ce mardi 30 juin, la carte rassemble les données de 209 pays et territoires, actualisées tous les jours grâce au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), à l’Université américaine Johns Hopkins et, pour les tests, aux données du département statistique de l’Université d’Oxford.

“Première chose, pour permettre de classer un pays en vert, orange ou rouge, il faut que ce pays fasse des tests et les rapporte”, explique au HuffPost, le Professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’Université de Genève. “Si les chiffres rapportés sont inférieurs à 2000 tests pour 1 million d’habitants, ces pays restent en gris sur notre carte”.

“Ensuite, si on est au-dessus, nous avons élaboré une classification en trois couleurs. Vert, si le nombre de nouveaux cas quotidiens reportés pour 100.000 habitants est inférieur à 1.5. C’est le cas par exemple de la Suisse ou de la France en ce début juillet. Pour l’exemple français, même si le nombre de tests n’est pas parfaitement remonté par les autorités, il faudrait qu’il y ait environ 1000 cas positifs recensés chaque jour pour passer en orange ou en rouge”, explique le professeur.

 

Au regard de ces critères, cinq pays de l’Union européenne se trouvent actuellement en “zone rouge” : la Bulgarie, la Croatie, le Luxembourg, la République Tchèque et enfin la Suède qui a décidé de ne pas confiner sa population au moment de la première vague de coronavirus en mars. Le Portugal, qui a reconfiné fin juin plusieurs quartiers de Lisbonne, est en orange. Enfin, Chypre se trouve en gris.

Cette carte va donc plus loin que la simple addition des cas et des décès. Elle permet de prendre en compte la taille de la population, les tests effectués par chaque pays ou encore l’évolution de l’épidémie dans le temps.

Quelle situation réelle pour les États-Unis?

Le site met également à disposition en temps réel d’autres indicateurs très suivis par les autorités et les scientifiques, comme le “R0” (ou “R-effectif”, qui indique le nombre moyen de nouveaux cas qu’une seule personne infectée et contagieuse va générer) ou le “CFR” (Case fatality Rate), le taux de létalité de la maladie dans chaque pays. Le début des campagnes de dépistage ou encore les mesures et les restrictions de déplacement décidées par les autorités locales sont également pris en compte et renseignés.

“Nos données sont mises à jour quotidiennement par notre algorithme”, explique au HuffPost le Professeur Antoine Flahault. “Nous travaillons à ce que nos cartes en couleur s’actualisent également au jour le jour, ce qui n’est pas encore leur vocation”.

Ces données sont et seront donc très utiles pour mieux juger et analyser la situation pays par pays, notamment aux États-Unis, où Donald Trump explique que la hausse du nombre de cas constatée depuis plusieurs jours s’explique par une campagne de tests très importante.

En volume, on ne peut pas donner tort au président américain. Comme le montrent les données de l’université d’Oxford ci-dessous, les États-Unis testent bien plus que les pays européens ou encore le Canada. On constate également que la France teste moins que ses principaux voisins européens, Italie comprise.

Université de Genève

L’évolution en échelle logarithmique du nombre de tests effectués par pays.

Reste qu’en utilisant les indicateurs évoqués plus haut, une grande majorité d’États se trouve en zone rouge ou orange, à l’exception du Vermont (nord-est) et de Hawaï. En clair: même si l’on ne peut pas vraiment comparer les chiffres exacts entre les pays ou même entre la “première” et “deuxième” vague américaines, le fait est que l’épidémie progresse tous les jours dans la plupart des États et que c’est cela qui est inquiétant.

Université de Genève

La carte de la situation épidémiologique dans les États américains à la date du 1er juillet 2020.

 

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