vendredi , 25 septembre 2020
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Coronavirus: notre carte de France évolutive du Covid-19 pour suivre l’épidémie

SCIENCE – On aurait aimé une rentrée plus sereine, mais l’épidémie de coronavirus “progresse” en France. Face à ce constat des autorités sanitaires, le gouvernement a pris de nouvelles mesures contraignantes visant à endiguer la courbe des cas, rendant le masque obligatoire dans de nombreuses situations (en ville à l’extérieur, au cinéma, en entreprise…).

Sur la carte de France, 19 départements sont maintenant considérés en zone “rouge” par l’exécutif, car le nombre de cas officiellement répertorié y est trop important. ”“Il y a eu une forme de relâchement ces dernières semaines qui peuvent expliquer les chiffres”, a affirmé Jean Castex le 27 août.

Si nous sommes encore loin d’une deuxième vague, avec des hospitalisations encore faibles, l’augmentation du nombre de cas est exponentielle, de même que le taux de dépistage, avec des hausses respectives de 58% et 32%, selon le bilan hebdomadaire de Santé publique France publié le 28 août. De plus, toutes ces tendances sont plutôt à la hausse. De quoi justifier des mesures pour s’assurer que la courbe se stabilise, puis décroisse.

Pour y voir un peu plus clair sur la situation, Le HuffPost a mis au point une carte de France de la circulation du coronavirus, mise à jour automatiquement.

Nous avons choisi, dans un premier temps, de nous baser sur deux éléments principaux: le taux d’incidence (combien de cas pour 100.000 habitants) et le taux de positivité des tests. Chaque département est coloré en fonction de l’évolution de ces indicateurs. La première carte (bouton indice global) donne une vision générale de l’état de la situation. La seconde (bouton tendances) permet de voir l’évolution des indicateurs dans le temps. En clair, de savoir si la situation s’améliore ou se détériore dans chaque département.

Pour des raisons techniques, les territoires ultramarins ne sont pas visibles, mais sont accessibles dans le moteur de recherche en haut à gauche (retrouvez ci-dessous nos explications et notre méthodologie)Cette carte se met à jour automatiquement dès que Santé publique France actualise les données mises en ligne sur data.gouv.fr (de manière quasi quotidienne).

Pour suivre l’évolution de l’épidémie, le gouvernement et les autorités de santé se basent sur de très nombreux indicateurs, plus ou moins fiables. D’autres devraient se rajouter à cet arsenal, comme l’analyse des eaux usées.

Quatre indicateurs sont particulièrement suivis et disposent de seuils de “vigilance” et d’“alerte”. Quand un seuil est franchi, “une analyse de risque approfondie est lancée” dans la zone géographique concernée, précise le ministère de la Santé. Voici ces 4 indicateurs:

  • Taux d’incidence, soit le nombre de tests PCR positifs pour 100.000 habitants par semaine. Le seuil de vigilance est à 10, le seuil d’alerte à 50.
  • Taux de positivité des tests, le seuil de vigilance est à 5%, le seuil d’alerte à 10%.
  • La part des lits de réanimation occupés dans les hôpitaux, le seuil de vigilance est à 40%, le seuil d’alerte à 60%
  • Le R effectif, le taux de reproduction du virus. S’il est inférieur à 1, l’épidémie diminue, sinon, elle augmente plus ou moins vite. Le seuil de vigilance est à 1, le seuil d’alerte à 1,5.

Pour réaliser la carte ci-dessus, nous avons choisi de nous baser principalement sur le taux d’incidence et de positivité (lissés sur la moyenne des 7 derniers jours comptabilisés par Santé Publique France, avec un possible décalage). Dans un contexte de risque de reprise de l’épidémie, la part des lits de réanimation ne semble pas la plus adaptée. Théoriquement, les autres indicateurs doivent en effet monter bien avant.

Quant au R effectif, s’il peut être très utile, sa méthode de calcul n’est toujours pas publique. De plus, les données mises à disposition par le gouvernement et Santé publique France ne sont pas très claires. Les mises à jour sont partiales, non régulières et sont limitées aux régions (pas de différenciation par département). Nous avons indiqué le R effectif dans les informations détaillées de chaque département, mais avons décidé de ne pas colorer la carte en fonction de cet indice tant que ses mises à jour ne seront pas calibrées sur le même format que celles des deux autres indicateurs.

Deux indicateurs complémentaires

Les taux d’incidence et de positivités sont intéressants à lire ensemble. Le premier permet de savoir si, dans une zone avec une population donnée, il y a beaucoup de cas de coronavirus. Mais seul, il peut être trompeur. Car on sait que le virus circule à bas bruit. Et que parfois, quand les conditions sont réunies, des clusters importants peuvent apparaître.

C’est pour cela que ce taux d’incidence, cette présence du coronavirus, doit être comparé avec d’autres indicateurs. Le taux de positivité, notamment, est utile pour cela. S’il y a beaucoup de cas dans un territoire (taux d’incidence), mais que cela est uniquement dû à un dépistage très développé, le taux de positivité sera faible. À l’inverse, s’il augmente, cela veut dire que la plupart des gens testés sont positifs, mais surtout que les personnes contaminées qui ne sont pas testées, qui passent entre les mailles du filet, sont encore plus nombreuses.

S’ils ne sont pas parfaits, ces deux indicateurs cumulés offrent donc déjà une bonne idée de la situation dans un département donné.

Tendances à la hausse

Nous avons également mis au point une seconde carte, visible en cliquant sur le bouton “tendances”. Celle-ci permet non pas de visualiser les seuils de ces indicateurs, mais leur évolution dans le temps. Car ce qui est important, dans une épidémie, c’est la tendance de la courbe: si elle est à la hausse, le risque, c’est que celle-ci soit exponentielle, qu’elle monte de plus en plus vite. À l’inverse, si le taux d’incidence ou de positivité est haut, mais que les clusters sont bien contrôlés, ces indicateurs vont baisser.

Cette deuxième version de la carte vérifie donc l’évolution moyenne sur les 7 derniers jours de ces deux indicateurs pour avoir une idée des départements où l’épidémie semble progresser ou régresser.


Première apparition