mercredi , 23 septembre 2020
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De Jaurès à Baker, Macron invoque ces « illustres destins » pour dessiner sa République

AFP/Julien DE ROSA

De Jaurès à Baker, Macron invoque ces « illustres destins » pour dessiner sa vision de la République

POLITIQUE – Rite de transmission au Panthéon. Célébrant les 150 ans de la proclamation de la République, Emmanuel Macron a présidé, ce vendredi 4 septembre, une cérémonie d’accès à la nationalité françaises de six immigrés. Une façon pour lui de prendre un peu de hauteur sur les débats sécuritaires qui secouent le pays en mettant à l’honneur les valeurs de la République, à travers notamment plusieurs de ses illustres figures. 

De Joséphine Baker, “née américaine qui choisit la France pour la faire briller de son talent et de son énergie” à Gisèle Halimi, le chef de l’État a multiplié les hommages à ces personnalités. Toutes et tous, selon lui, s’inscrivent dans la lignée de Léon Gambetta, fils d’immigré, “Français de sang-mêlé”, qui proclama la République le 4 septembre 1870. 

“Autant de destins dont vous êtes aujourd’hui les légataires. C’est à votre tour désormais, au coté de tous les enfants de la République par leur naissance, d’écrire votre vie en République”, a notamment lancé le président à l’adresse des six naturalisés, dans un appel au “patriotisme républicain.” 

“Ils ont porté si haut les valeurs de notre République”

Car derrière ces personnalités emblématiques, Emmanuel Macron n’a pas manqué de délivrer un message politique. Comme son entourage l’indiquait la veille de son discours, le chef de l’État s’est convaincu qu’il fallait impérativement “rappeler ce que les Français doivent à la République” dans le “temps historique” actuel marqué par la montée en puissance des “forces obscurantistes.”

Il estime ainsi qu’être citoyen, c’est “des devoirs et des droits, mais toujours des devoirs d’abord. “Devenir français c’est en effet accepter d’être plus qu’un individu poursuivant ses intérêts propres. C’est être un citoyen qui concourt au bien commun, qui cultive une vertu républicaine”, a notamment expliqué Emmanuel Macron au Panthéon après avoir cité les exemples de Gisèle Halimi, Joséphine Baker ou Marie Curie. 

“Marie Curie naquit et grandit en Pologne. Elle reçut deux prix Nobel et fit le choix de servir la France dans les tranchées comme simple infirmière avant d’ouvrir aux femmes deux portes restées fermées jusque-là: les portes de la Sorbonne et du Panthéon”, a-t-il lancé dans un hommage à “ces grandes femmes et ces grands hommes”, dont certains, comme le Guyanais Felix Éboué sont “nés si loin de la métropole” et qui “ont porté si haut nos valeurs.”

“Descendant d’esclave, il répondit dès le 18 juin à l’appel du général de Gaulle. Il fut le premier à planter l’étendard de la France libre au Tchad. Sans cet enfant de notre Guyane, l’épopée des forces françaises libres n’aurait pas été la même”, a salué Emmanuel Macron dans cet ode à l’engagement républicain.

Blum, Jaurès et l’égalité des chances

Mais le chef de l’État de s’est pas borné à cette vision de la République. Il a également évoqué son intention d’aller “plus loin, plus fort, dans les semaines qui viennent” pour promouvoir “l’égalité des chances.”

En faisant de ce thème “une priorité du quinquennat”, Emmanuel Macron a ainsi voulu s’inscrire dans les pas de “Charles Péguy, Jean Jaurès, Léon Blum, Pierre Mendès France”, des personnalités qui “ont porté haut la République sociale.” “Cette idée, au fond, que chaque citoyen, quel que soit le lieu où il vit, le milieu d’où il vient, doit pouvoir construire sa vie par son travail, par son mérite. Nous sommes encore loin, trop loin de cet idéal”, a regretté le président.

L’égalité des chances, ou la nouvelle priorité du chef de l’État avec l’ordre républicain, la sécurité et le séparatisme. Un lourd programme pour préserver une république “fragile et “précaire”, selon ses mots.

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