dimanche , 27 septembre 2020
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des alliés de Navalny remportent des victoires symboliques


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Des alliés d’Alexeï Navalny ont remporté dimanche des victoires symboliques dans au moins une ville sibérienne visitée par le principal opposant au Kremlin, lors de la campagne pour les élections régionales russes, avant son hospitalisation pour un empoisonnement présumé.

Les alliés de l’opposant russe, Alexeï Navalny, victime d’un empoisonnement présumé, ont remporté, dimanche 13 septembre, des victoires symboliques dans au moins une ville sibérienne et en revendiquent une autre dans une autre ville aux élections régionales, marquées selon des observateurs indépendants par une série d’irrégularités.

Dans 41 des 85 régions russes, les électeurs étaient appelés à élire des gouverneurs, des assemblées régionales ou municipales et quatre députés du Parlement national.

Dans la ville sibérienne de Tomsk, l’opposition a gagné deux sièges au conseil municipal, dont un pour Ksenia Fadeeva, candidate de 28 ans et directrice du bureau de campagne local de l’organisation d’Alexeï Navalny. Une victoire à Tomsk est symbolique pour l’opposition, car c’est dans cette ville qu’Alexeï Navalny a été empoisonné, selon ses alliés.

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Les résultats officiels ne sont pas encore tous connus et sont attendus lundi.

À Novossibirsk, troisième ville du pays, l’équipe d’Alexeï Navalny a revendiqué la victoire de Sergueï Boïko, à la tête d’une coalition en lice pour l’élection du conseil municipal, qui défiait le parti du Kremlin avec le soutien de l’organisation du principal opposant russe.

« Sergueï Boïko à Novossibirsk l’a remporté ! », a indiqué sur Twitter la porte-parole d’Alexeï Navalny, Kira Iarmych.

Des bureaux de vote mobiles et en plein air

Dans un contexte économico-social difficile, d’accusations de corruption et d’une impopulaire réforme des retraites, la popularité du parti de Vladimir Poutine s’est érodée à un an des législatives. Russie Unie devrait néanmoins remporter l’écrasante majorité des sièges en jeu.

Le scrutin se déroule depuis vendredi, sur trois jours, notamment dans des bureaux de vote mobiles et en plein air, officiellement pour limiter les risques liés au coronavirus, comme lors du référendum constitutionnel de l’été ayant autorisé Vladimir Poutine à rester au pouvoir jusqu’en 2036.

Pour l’opposition, ces méthodes rendent très difficile le travail des observateurs et favorisent les fraudes. Pour la présidente de la Commission électorale centrale, Ella Pamfilova, ces accusations « ne sont pas objectives et assez malveillantes ».

>> À lire : L’opposant russe Alexeï Navalny sorti du coma artificiel

L’ONG spécialisée Golos a elle dénoncé « l’arbitraire » des responsables de nombreux bureaux de vote qui refusent notamment d’enregistrer les plaintes d’observateurs. Elle a fait état de 1 570 violations qui lui ont été rapportées, dont des « bourrages d’urnes ».

À Novossibirsk, Sergueï Boïko a assuré à l’AFP dimanche avoir relevé « de très nombreuses infractions », notant par exemple que sur « le coffre-fort contenant les bulletins » des deux premiers jours de vote « les scellés sont rompus ».

« Les gens ont une demande croissante pour du changement. Ils ne veulent pas voir les mêmes personnes au pouvoir, en qui ils ont perdu confiance depuis longtemps », a déclaré à l’AFP Alexandre Sourov, 20 ans, militant de l’équipe d’Alexeï Navalny à Novossibirsk.

Damir Adgamov, un électeur de 26 ans, a confié avoir voté pour l’opposition après avoir vu les enquêtes d’Alexeï Navalny qui dénoncent la corruption des élites politiques : « Peut-être que de nouvelles idées peuvent changer les choses ».

La stratégie du « vote intelligent »

Ces élections ont été l’occasion pour l’organisation d’Alexeï Navalny de tester l’efficacité de sa tactique du « vote intelligent », qui consiste à appeler à voter pour le candidat le mieux placé pour faire perdre celui du pouvoir.

La méthode avait fait ses preuves à l’été 2019 à Moscou, lors d’élections municipales, lors desquelles le pouvoir avait perdu de nombreux sièges.

Le spectre de l’affaire Navalny plane sur la campagne. Car selon ses partisans et ses médecins allemands, il a été empoisonné fin août, à l’aide d’un agent neurotoxique militaire. Il était alors en Sibérie pour soutenir ses candidats et achever des enquêtes sur la corruption des élites locales. L’opposant de 44 ans, hospitalisé à Berlin, est sorti du coma lundi.

Les Occidentaux ont appelé les autorités russes à s’expliquer et à traduire les responsables en justice, sous peine de sanctions. Le Kremlin a rejeté la version de l’empoisonnement, dénonçant des accusations infondées.

S’ajoute à cela la voie tracée par la ville de Khabarovsk en Extrême-Orient. Des élections n’y sont pas prévues, mais depuis deux mois, Moscou n’arrive pas à y juguler d’importantes manifestations dénonçant l’arrestation du gouverneur régional élu plus tôt contre un favori du Kremlin.

Hormis Russie Unie et les traditionnels Parti communiste et LDPR (nationalistes), quatre autres formations participaient dimanche aux élections, formées avec l’aide du pouvoir selon l’opposition, pour diviser l’électorat contestataire.


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