dimanche , 27 septembre 2020
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des dizaines d’arrestations lors d’une nouvelle manifestation de l’opposition


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La police anti-émeute a arrêté des dizaines de manifestants, dimanche, lors d’une nouvelle manifestation massive de l’opposition. Il s’agit du troisième weekend consécutif de rassemblement contre la réélection du président Loukachenko.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, dimanche 30 août, par la police anti-émeute en Biélorussie lors de la grande manifestation hebdomadaire de l’opposition, qui conteste la réélection du président Alexandre Loukachenko, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police, présente en force dans le centre de la capitale, Minsk, aux côtés de militaires masqués et armés, tentait de disperser les manifestants, rassemblés pour le troisième weekend consécutif après les manifestations monstres des 16 et 23 août. L’opposition avait alors réussi le tour de force de faire descendre près de 100 000 personnes dans les rues de Minsk malgré les pressions et menaces des autorités, soit les deux plus grandes manifestations de l’histoire du pays. Selon l’AFP, il sont ce dimanche encore des « dizaines de milliers ».

Accréditations retirées aux journalistes étrangers

Alors que de multiples groupes allant de plusieurs centaines à plusieurs milliers de protestataires convergeaient vers le centre de la capitale biélorusse, la police anti-émeute a tenté des les en empêcher, procédant à des dizaines d’arrestations.

Présente en nombre, avec véhicules et grilles géantes, la police a quadrillé la place de l’Indépendance et d’autres endroits du centre de Minsk, aux côtés de militaires masqués et armés, sans signes distinctifs, selon une journaliste de l’AFP.

Les manifestants arboraient le drapeau rouge et blanc de l’opposition et scandaient « Pars ! » et « Que vive la Biélorussie ! ».

Samedi, les autorités biélorusses ont retiré sans explications leurs accréditations à plusieurs journalistes travaillant pour des médias étrangers, dont l’AFP, AP, la BBC et Radio Liberty. Cette décision a été dénoncée par ces rédactions, par l’Allemagne et les États-Unis. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a condamné dimanche des « mesures arbitraires prises par les autorités biélorusses […] contraires à la liberté de la presse », dans un communiqué.

Svetlana Tikhanovskaïa, figure de proue de l’opposition, réfugiée en Lituanie, a dit y voir « un nouveau signe que le régime est en banqueroute morale et ne tente de s’accrocher au pouvoir que par la peur et l’intimidation ».

Depuis le début du mouvement de protestation, les journalistes biélorusses et étrangers font l’objet de pressions et de brèves interpellations, l’accès à des médias indépendants et d’opposition a été bloqué par les autorités et le réseau Internet subit des coupures intermittentes.

Un millier de femmes dans la rue samedi

À Minsk et dans d’autres villes du pays, des rassemblements quotidiens ont lieu depuis le 9 août malgré les déclarations martiales d’Alexandre Loukachenko et la répression.

Samedi encore, un millier de femmes ont défilé dans la capitale pour exiger de nouvelles élections et des poursuites contre les responsables des forces de l’ordre accusés de violences et tortures.

« J’ai peur, mais je suis venue, pour la liberté et pour qu’on ait un État de droit », a déclaré à l’AFP l’une des manifestantes, Elena, 32 ans.

Plus de 300 sportifs biélorusses de haut niveau ont également appelé publiquement, dimanche, à l’organisation de nouvelles élections.

Les premières manifestations en Biélorussie après l’élection du 9 août avaient été réprimées par la force, faisant trois morts et des dizaines de blessés. Plus de 7 000 personnes avaient été arrêtées.

Avec AFP


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