lundi , 21 octobre 2019
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des milliers de Britanniques manifestent contre le « coup d’État » de Boris Johnson


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Plusieurs milliers de Britanniques ont manifesté samedi pour dénoncer le « coup d’État » du Premier ministre Boris Johnson, qui a annoncé mercredi la suspension du Parlement juste avant le Brexit.

Le coup de force de Boris Johnson ne passe décidément pas. Au Royaume-Uni, plusieurs milliers de personnes ont pris part, samedi 31 août, à des dizaines de manifestations pour dénoncer le « coup d’État » du Premier ministre, après sa décision de suspendre le Parlement dans la dernière ligne droite avant le Brexit.

>> À lire : ce que les Britanniques peuvent faire pour empêcher la suspension du Parlement

Des manifestants se sont rassemblés à Manchester (nord-ouest de l’Angleterre), à Edimbourg (Écosse) et à Belfast (Irlande du Nord) sous le mot d’ordre « Arrêtez le coup d’État », à l’appel d’une organisation opposée au Brexit lancé dans une trentaine de villes.

Le plus gros rassemblement a démarré à la mi-journée à Londres, devant la résidence du Premier ministre au 10, Downing Street, où une foule compacte scandait « Boris Johnson, honte à toi ! » tout en arborant des drapeaux européens.

« Bienvenue dans l’Allemagne de 1933 »

Sur les pancartes s’affichaient des slogans comme « Les démocrates ne bâillonnent pas la démocratie » ou « Réveille-toi, Royaume-Uni ! Ou bienvenue dans l’Allemagne de 1933″.

Le mouvement Momentum, l’aile gauche du parti travailliste, la principale formation d’opposition, a aussi appelé à « occuper les ponts et bloquer les routes ».

« Ce qu’il advient du Brexit ne doit pas dépendre d’une décision de Boris Johnson. Il a privé le Parlement du pouvoir de décision, ce qui n’est pas démocratique », a dénoncé Bernard Hurley, un anti-Brexit de 71 ans interrogé par l’AFP.

Le rassemblement a été quelque peu perturbé quand une dizaine d’hommes au crâne rasé, drapé dans l’Union Jack, ont fendu la foule, sous escorte de la police, en criant : « Que voulons-nous ? Le Brexit ! Quand le voulons-nous ? Maintenant ! ».

Les organisateurs ont dit s’attendre à « des centaines de milliers » de participants. La police britannique n’a pas communiqué de chiffre.

Semaine politique intense

Le conservateur Boris Johnson a annoncé mercredi la suspension du Parlement à partir de la deuxième semaine de septembre et jusqu’au 14 octobre, deux semaines avant le Brexit le 31 octobre, suscitant une vague d’indignation au Royaume-Uni.

Le Premier ministre a le droit de le faire, et il le fait traditionnellement pendant la saison des congrès des partis politiques en septembre. Mais c’est le moment choisi et la durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés par les adversaires d’un Brexit dur.

Le dirigeant est en effet soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord, qu’il souhaite mettre en œuvre s’il ne trouve pas de compromis avec l’UE sur les conditions de la sortie britannique.

Une suspension « dangereuse pour la démocratie britannique »

« En temps de crise normalement c’est au Parlement que se discutent les affaires… Le suspendre au moment du Brexit me paraît très dangereux pour la démocratie britannique », a estimé Paul James Cardwell, professeur de droit à l’université de Strathclyde, interrogé sur le plateau de France 24.

Les rassemblements de samedi annoncent une semaine politique intense, où la bataille contre la suspension du Parlement se déroulera aussi sur les fronts judiciaire et politique.

Avec AFP

 


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