mardi , 29 septembre 2020
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Des patrons de bars à Paris manifestent contre la fermeture à 22h

CORONAVIRUS – Ils s’estiment “condamnés”. Quelques patrons de bars parisiens se sont réunis en fin de soirée ce lundi 28 septembre pour dénoncer l’obligation de fermeture de leurs établissements à 22h.  

En vertu des dernières mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, les bars parisiens doivent baisser le rideau entre 22h et 6h du matin. Ce lundi soir, premier jour d’application des restrictions, un petit nombre de propriétaires de bars s’est réuni dans le 11e arrondissement, à proximité d’Oberkampf, comme l’ont rapporté des journalistes sur place.

Quelques fumigènes ont été tirés, et des riverains sont venus se joindre au mouvement. Comme à Marseille où une mesure encore plus drastique a été décrétée, les gérants d’établissement n’ont pas caché leur colère et leur incompréhension. 

Pour ces chefs d’entreprise, la fermeture entre 22h et 6h est de nouveau synonyme de pertes financières, après plusieurs mois de confinement sans véritables revenus. 

Dimanche déjà, ils s’étaient réunis devant les Invalides pour protester contre le durcissement des mesures sanitaires. “On ne comprend pas comment la population est plus en sécurité entassée dans le métro que dans nos établissements ni comment le virus à 21H59 est inoffensif, et va tuer tout le monde à 22H01”, expliquait à l’AFP Stéphane Manigold, l’un des porte-parole du collectif “Restons ouverts”. “On a fait de gros investissements pour assurer la sécurité dans nos établissements, et on nous dit qu’on va quand même nous fermer. C’est comme si on avait jeté de l’argent par les fenêtres”, a-t-il ajouté.

Une évaluation de la situation dans une semaine?

Le gouvernement a promis de venir en aide aux professionnels du secteur pour limiter les pertes. Toutefois, le dispositif annoncé est jugé insuffisant par une partie de la profession, soutenue par la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse. 

“Le gouvernement a dit que les bars auraient accès au fonds de solidarité s’ils ont 80% de pertes de recettes. S’ils ferment à 22h, ils n’auront pas 80%, ils auront à peu près 50%. Il faut évidemment baisser ce seuil”, “au moins à 50%, peut-être même en dessous”, pour éviter “des faillites” et “des drames humains”, a-t-elle estimé sur LCI. 

Elle a aussi réclamé “une clause de revoyure comme celle qu’ont obtenu les Marseillais, au bout de sept jours”, pour connaître l’efficacité de la mesure et l’adapter en conséquence.

“Est-ce que par exemple tous les jeunes, les étudiants qui d’habitude vont dans ces bars vont être plus en sécurité sanitaire s’ils se retrouvent dans des petites chambres d’étudiants à 25 en train de boire chez eux”, s’est-elle interrogée.


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